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Le 13 août 98
Villes tentaculaires
les villes de béton
ont spolié les champs
repoussé les forêts
bientôt elles se toucheront
les oiseaux sont partis
peu à peu
dans un triste vol
avec leurs chants
avec leurs rêves
les ruisseaux ont été asséchés
ils ne gazouillent plus
ils cherchent en vain
leurs origines
les mégalopoles s'étendent
dans le bruit
toujours davantage
de plus en plus invivables
elles déploient leurs tentacules
de proche en proche
rien n'y fait obstacle
les buildings
grimpent en hauteur
pour avoir plus de place
montent toujours plus haut
en gratte-ciel
bientôt la planète
sera couverte de briques
on protégera de barbelées
les arbres rares
qui auront survécu
nous irons dans les musées
admirer les fleurs
les insectes et les animaux
les rues seront dans l'ombre
le soleil ne sera visible
qu'au sommet des tours
nous seront des scaphandriers
courant après l'oxygène
nous circulerons masqués
pour ne par mourir empoisonnés
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