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Le 22 mars 99
Vers toi
l'âme vogue
en eau paisible
elle tient le cap sur ton regard
qui se dresse au loin
comme un phare
et tes yeux pers brillent
bouées d'azur
posées sur les flots émeraudes
nul danger pour le vaisseau
nulle crainte qu'il ne se perde
il fend l'eau
de sa proue
se dirigeant plein sud
vers la chaleur de la passion
ta bouche aimante
sourit à l'horizon
elle souffle la brise
gonfle la voilure
qui vers toi
tend ses bras
la poupe laisse derrière elle
le sillage éphémère
la trace de son passage
qui comme une blessure
vite se cicatrise
de loin en proche
vite se referme sans nostalgie
le coeur se tient près du ciel
sur le gaillard d'avant
il s'approche de toi
et sa hâte le fait bondir
le fait battre à tout rompre
les vagues
secouent les flancs
le sang
frappe les tempes
le voilier s'approche de son rêve
il louvoie
il presse sa marche
pour au plus tôt
s'échouer sur ton rivage
s'ancrer dans ta chair
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