14 janvier 98

Le verglas


le ciel bleu
est de glace
le soleil d'hiver
jette sur la ville
un oeil froid
les gens sinistrés
sans chaleur
sans électricité
appréhendent avec effroi
l'arrivée de la nuit

les boisés ont été mis à sac
dévastés par le verglas
les oiseaux se sont tus
ne sont plus là
partis au loin apeurés
affamés

hommes et femmes
enfants et vieillards
victimes de la catastrophe
doivent quitter leur foyer
parfois leur ville
avec appréhension
angoissés
ils n'ont d'autre choix
se réfugier malgré eux
chez des parents
chez des amis
dans des hébergements de fortune
en promiscuité
attendre que revienne le courant
que la bonne fée
les ramène chez eux
dans leur intimité

le jour se meurt lentement
glacial
le soleil sanglant
s'en va en tirant le pas
blessures
d'une communauté
écorchures
d'une population
état de choc
espoir que demain
le cauchemar
aura pris fin


*
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