| Ultime méditation au loin brisant l'horizon les montagnes se renfrognent le dos voûté hérissé d'arbres leur front de pierre médite comme des sphinx géants couchés pensifs et vigilants ils sont aux aguets eux les cerbères de la terre à leur pied s'étend la verte plaine piquée de villes fleurs empoisonnées qui embaument l'air comme le font les embaumeurs la planète suffoque lentement elle se meurt les monts protecteurs se taisent ils ne peuvent rien faire paralysés par la pollution leurs poumons de verdure ont peine à respirer les forêts denses et verdoyantes dépérissent peu à peu à petit feu pendant qu'en bas les usines monstrueuses crachent dans l'air pur leurs débris meurtriers l'espèce qui l'habite sans réfléchir ne cherchant que son seul profit tranquillement en toute connaissance de cause s'asphyxie suicide collectif inexplicable pour les sphinx antiques qui tout là-haut agenouillés silencieux et songeurs méditent |