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Terreurs nocturnes
le temps se comprime il pousse le présent dans le passé hier apparaît déjà déformé les traits défigurés la mémoire refait son visage sa physionomie reste floue elle est méconnaissable sous son maquillage la main a perdu le fil d'Ariane on avance au hasard ici une chambre abandonnée remplie de souvenirs que l'on croyait à jamais oubliés on se sent comme un enfant envahi par une grande peine le coeur est en larme il voudrait être bercé consolé là une pièce vide que hantent des fantômes elle remplit l'âme d'effroi des chauves-souris hideuses venues d'on ne sait où s'acharnent par centaines on se protège les yeux cris stridents elles frôlent les cheveux on entend les sabots du Minotaure qui résonnent dans la tête on flaire son odeur musquée il vient et se rapproche il court puis galope on s'enfuit dans le labyrinthe des couloirs sombres qui se croisent et s'entrelacent tournant dans tous les sens on regarde dernière soi il suit de près avec ses yeux de feu son souffle haletant il émet un feulement de bête féroce on s'élance encore plus vite on jette un coup d'œil sur l'épaule il fonce tête baissée prêt à encorner il bondit et l'on s'éveille tremblant de fièvre l'aube majestueuse se lève elle marche à pas lent en traînant sa robe vaporeuse de brouillard matinal elle apporte l'apaisement dans la clarté amoureuse de son tendre regard |