18 janvier 98

Tempus fugit


rêves délaissés
aux oubliettes
remords qui hantent
aux moments les plus inattendus
le creux des longues nuits blanches
la vie de sa marche implacable
sans se retourner avance
elle abandonne derrière elle
des espoirs honteux
déçus et gelés
qui jadis fixaient de leurs orbites
grands ouverts
le ciel et les étoiles
l'ensemble de l'univers
espoirs bafoués
maintenant devenus
des dépouilles inertes
rattrapées par le temps
qui met sa main froide sur l'épaule
caresse avec douceur la peau
qu'elle a tavelée et ridée

au-dedans
de l'autre côté du regard
rien ne semble avoir changé
la jeunesse ouvre ses yeux
couleur de pur saphir
espoir immuable
on se reconnaît bien
dans ce moi d'autrefois
qui n'a pas vieilli
qui en nous
coule comme rivière
toujours fraîche et limpide
tandis que les ponts
qui la regardent défiler
ne voient dans cette eau claire
toujours la même
qu'un visage ravagé
qu'une image modifiée
par le cours des ans
par le passage du temps
qui se défile et fuit
à un rythme lent
sans jamais
jamais s'arrêter


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