17 février 98



Ta détresse


tu es seule à en mourir
perdue dans un désert sans borne
sans repère pour te guider
tu te perds à ton insu
dans ce paysage inconnu
aucune jetée pour t'ancrer l'âme
aucun toit pour te réchauffer
dans l'obscurité froide du désespoir
tu n'entrevois plus aucune issue

tu déambules dans les ténèbres
sans but et sans désir
tu marches en équilibre
de peur que vacille au fond de ton coeur
cette toute petite flamme chancelante
cette minuscule fleur d'espérance
qui ne tient qu'à un souffle
auquel s'accroche encore ta vie
ta bouche n'ose même pas libérer un cri

tu sombres dans la détresse
ton âme est dévorée par le désarroi
ce rapace sans aucune pitié
il t'arrive de fixer la mort en face
de la tutoyer comme une amie
de vouloir te venger de la vie
de disparaître sans laisser de trace
tu t'en vas comme une ombre
abandonnée au milieu de la nuit

sur le rivage de ton existence
on te supplie de rebrousser chemin
sans te retourner tu avances
tu t'enfonces dans ta souffrance
dans cette hideuse mélancolie
qui de son bec vorace te ronge du dedans
tu poursuis ta marche éperdue
comme si jamais sur cette terre
tu ne pouvais revoir la lumière

c'est en vain
que désemparé
on te tend la main
comme si c'était une fatalité
sourde tu continues
vers ton destin