23 février 98
Spleen de février
les yeux brûlés par l'insomnie
le coeur est en larmes
à voix basse il sanglote
pendant que fatiguée
la joie s'est endormie
elle s'est emmurée dans le silence
sans trop savoir pourquoi
elle serre dans ses bras les souffrances
qui au fond d'elle-même la tourmentent
de froid le corps grelotte
pendant que son hiver se poursuit
de jour comme de nuit
la vie continue sa marche
malgré la tristesse et les soucis
elle n'a plus la force de sourire
son âme est d'humeur chagrine
elle refuse de se faire une beauté
elle s'abîme dans le spleen
le ciel s'est peint en gris
grisaille de la cité
qui survit dans la pollution et la saleté
les nuages déchirent leurs voiles opaques
ici et là des coins d'un bleu indécis
clignent de l'oeil avec peine
leurs paupières sombres se soulèvent
lourdes d'ombres malfaisantes
traces pénibles qui viennent s'échouer
sur les rivages nus des cauchemars
que recouvre la neige noire de février