Le 5 septembre 98


Souvenir fugace

depuis le ponceau
nos visages
joue contre joue
ondulent sur l'eau
des étoiles auréolent nos fronts
et sur l'onde elles scintillent muettes
dans un silence profond
le temps coule
inépuisable
nous ne voyons de son cours
qu'un infime fragment
sans en connaître ni la source
ni le point d'arrivée
longtemps avant nous elle passait
et bien longtemps après nous
elle continuera de filer
ici même où sous le ponceau
se reflètent nos visages
la mémoire en sera perdue
comme cette image de nous
fragile et fugace
qui ne nous voit pas vieillir
et qui en s'enfuyant sans fin
ensevelira notre souvenir



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