Le 25 septembre 98


Silence douloureux

le jour geint de fatigue
il se penche vers la nuit
il courbe le dos
il disparaît dans le crépuscule
les mots cherchent leur sens
dans l'ombre ils se taisent
il devient impossible de les dire
ils s'éparpillent dans la mémoire
ils s'éclatent et se dispersent
leurs visages sont dérisoires
ils s'accrochent aux branches
aux souvenirs lointains
de plus en plus loin
quelquefois même éteints
ils demeurent vivaces
rien à faire
pour le moment ils nous fuient
ils reviendront bien
quand ils seront au bout de leur silence
que leurs lèvres s'ouvriront
pour chanter ou pleurer
nous serons là
pour les recevoir
et les faire parler
de ce que nous sommes
de ce qu'est le monde
respectons leur mutisme
laissons-les en paix
ils réfléchissent



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