Aube silencieuse
3 décembre 2001



S'en va le temps


la bouche reste muette
elle n'a plus rien à dire
elle vit du bout des doigts
le soleil s'enfuit en vain
vite il sombre et s'engloutit au loin

pas à pas s'en va le temps...

l'oeil s'est réfugié
sous la chaude paupière
il n'a plus ni mot ni voix
il s'endort au-dedans de la main
jusqu'au prochain matin

pas à pas s'en va le temps...

le pied reste rivé
en arrêt au terme du chemin
tout autour un horizon sans fin
où gisent les soleils morts
ceux d'hier et d'ailleurs

pas à pas s'en va le temps...

corps à la dérive
qui glisse de jour en nuit
entre les plages du rêve
en route vers des demains
dans des courants incertains

pas à pas s'en va le temps...

s'en va le temps...

le temps...





*
Accueil