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le 20 avril 99
Sans mots
les mots se sont envolés
migration d'oiseaux
de la page blanche
prisonnier d'une cage
dont on a perdu la clef
on ne sait que dire
que faire
on regarde le temps passé
au coeur bouillonne la rage
à quoi bon crier
on s'est enfermé
l'angoisse nous surveille
il faut lui échapper
on cherche le sommeil
pour se réfugier
il se refuse à notre épaule
nous tourne le dos
indifférent à notre peine
on voudrait s'enfuir
mot à mot
sur la pointe des pieds
sans dire un mot
sans laisser de trace
on cherche partout
quelqu'un ou quelque chose
un oiseau ou une fleur
mais rien ne nous souffle mot
l'humeur est maussade
on reste bouche bée
les mots nous font mal
quand ils nous ignorent
aux grands maux
les grands remèdes
il faut couper le mal à la racine
peser ses mots
demain s'il fait beau
on jouera avec eux
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