8 mars 98
Regard nébuleux
le télescope est braqué sur l'infini
sa vision transperce le temps et l'espace
retrouve l'origine des galaxies
oeil puissant de cyclope
il peut admirer dans leur splendeur chamarrée
les éblouissants feux d'artifices
à l'origine d'étoiles déjà disparues
depuis le début des temps
leurs lumières parviennent jusqu'à nous
mânes de corps célestes
trépassés et anéantis
vu du petit bout de la lorgnette
l'homme semble si minuscule
la terre se perd parmi tant de planètes
il n'a rien d'un titan
sa petitesse contraste avec sa grandeur
depuis que défiant les dieux
Prométhée lui a donné le feu
et avec lui la civilisation et l'esprit créateur
inventif il crée des splendeurs
des chefs-d'oeuvre d'une rare beauté
qui lui survivent quand il meurt
ainsi il se perpétue à travers les âges
il tisse en liant les fils des générations
sa survivance et sa pérennité
il découvre les secrets de la création
apprend à maîtriser l'atome et le gène
à modifier la structure des éléments
comme Faust il cherche l'éternelle jeunesse
il veut maîtriser la vie et la mort
combattre la maladie et la vieillesse
ce qui le perdra quand un jour peut-être
il fera sans le vouloir exploser la terre
comme Argus au cent yeux
l'homme épie l'étendue intergalactique
par les lunettes de ses satellites
s'il voit loin il demeure si peu de chose
il n'est qu'un grain de poussière
perdu dans l'immensité de l'univers