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Le 10 août 98
Précarité des choses
je suis banni de la forêt
où les désirs se font inconscients
dans l'ombre déposée par la nuit
je prends le sentier à rebours
pour me libérer des incertitudes
qui hantent mes pensées
je marche vers la montagne
dont le sommet touche le ciel
les aurores y restent accrochées
comme des vestiges de nuages
je rampe pour parvenir à la cime
où le roc n'a pas la densité de la vérité
je m'enfuis vers la mer
où je dois affronter les flots orageux
pour tenter d'enlever aux récifs de corail
les secrets de ce monde muet
je descends jusqu'aux fosses marines
où viennent mourir tous les cours d'eau
j'attends dans la solitude
que l'on m'apprenne le nom des choses
l'espoir m'accompagne de sa faible voix
je ne peux compter sur lui pour me rassurer
derrière le regard aveugle de mes instincts
je repose dans la précarité de l'être
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