Poèmes fantaisistes
22-25 janvier 99
Adieu soleil
j'ouvris la fenêtre
j'allongeai le bras
et de toutes mes forces
j'enfonçai mon poing dans l'oeil du ciel
il s'éteignit aussitôt
et dans un vacarme effroyable
son orbite s'écrasa en miettes
par terre
l'astre devenu aveugle
pendant des heures
nous tomba sur la tête
dans un patatras épouvantable
la ville s'était réveillée horrifiée
les bougies se sont vite allumées
dans chaque fenêtre
un ou plusieurs visages
apparurent illuminés par de petites flammes
qui clignotaient en les éclairant
rendant leurs traits encore plus effrayants
la nuit s'étendait partout
noire d'encre
on entendait des cris et des hurlements
la noirceur était presque totale
aucun astre n'y brillait
seul les lèvres pincées
un mince croissant de lune
riait d'un air narquois
je fermai ma fenêtre
afin de continuer à dormir
dehors dans une folle cacophonie
les gens abasourdis
refusaient de retourner au lit
et faisaient un tintamarre
de tous les diables
qui sans doute doit encore se poursuivre
je n'en sais rien car je dors
j'avais refermé la fenêtre
j'avais clos les yeux
pour retrouver mon rêve merveilleux
sachant que je pourrais reposer en paix
puisque jamais plus
le jour ne reviendrait
*
L'arc-en-ciel
le temps était pluvieux
quand les nuages s'ouvrirent
des rayons d'or s'y échappèrent
et firent apparaître un arc-en-ciel
juste aux pieds de la mariée
qui sortait de l'église avec son époux
aussi beau que nouveau
sans même songer à ce qu'elle faisait
elle commença à gravir l'arc-en-ciel
ses souliers à talons pointus
s'y accrochaient comme à une échelle
son mari tenta de la suivre
mais il tomba par terre
se fracassant le visage
parents et amis bouche-bée
éberlués
suppliaient la mariée de revenir
de redescendre sur terre
mais rien à faire
elle continuait vers les cieux
son ascension prodigieuse
les gens qui étaient pieux
s'agenouillèrent
récitant des Ave et des Pater
ils durent se rendre à l'évidence
même le curé incrédule
que c'était un phénomène étrange
un miracle
une impossibilité
pendant que tous s'interrogeaient
dissertaient
discouraient
elle disparut dans les nuages
cette fée du logis
qui préférait aux travaux domestiques
la douceur de la poésie
dommage pour le mari
qui n'en revient pas encore
vraiment pas
qu'elle ne soit jamais revenue
*
Arbres en fleurs
la chose ne se voyait pas
du moins au premier coup d'oeil
mais un phénomène bizarre se passait
sans pouvoir dire lequel
on sentait un je ne sais quoi de nouveau
d'étrange et d'insolite
l'air que l'on respirait n'était plus le même
il était plus fade et plus blême
une odeur différente l'aromatisait
je descendis dans la rue
comme tous mes voisins vite accourus
nous regardions partout
en reniflant à pleins poumons
certains tombaient dans les pommes
tant ils pompaient d'air
un certain calme s'installa
lentement chacun cherchait avec minutie
la cause de ce trouble
le regard scrupuleux
on vérifiait tout sur son passage
certains même examinaient à la loupe
le sol et les trottoirs et les rues
ou les murs et les planchers des maisons
rien n'avait changé
c'est alors qu'un doux zéphyr souffla
s'amplifia pour se modifier peu à peu
et se transformer bientôt en tramontane
vive et coléreuse
qui secouait les arbres comme des cocotiers
et de leur tête tombaient à foison
de gros poissons
c'était à n'y rien comprendre
d'autres plus petits continuaient à mûrir
bien accrochés aux branches
d'abord tout le monde s'élança pour cueillir la manne
si généreusement tombée du ciel
dans un quartier cependant un groupe se forma
des cris fusèrent et un cortège s'organisa
c'était le syndicat des pêcheurs
qui revendiquaient pour eux seuls
tous les fruits de la mer
bien que tombés des arbres
chacun voulait garder ses prises
la bagarre commença et s'envenima
on entendit même des coups de feu
et c'est alors qu'une clameur s'éleva
assez forte pour assourdir la ville
tous les yeux se retournèrent vers la mer
sa surface était recouverte
à perte de vue de feuilles vertes
qui s'étaient envolées là sur les ailes du vent
et au fur et à mesure que des arbres
tombaient les poissons
le soleil qui plombait
rongeait tout ce qu'il y avait de feuillages pour s'abriter
on ne trouvait plus ni ombre ni pénombre
bien vite une puanteur enveloppa la cité
la mer s'asséchait à vue d'oeil
et sur la voie publique pourrissaient les poissons
tous les habitants se ruèrent dans leur maison
pour se réfugier derrière les volets clos
fatigués et éberlués
tous ils se remirent au lit
dehors il n'y avait plus aucun bruit
ils sombrèrent dans un sommeil des plus profonds
intoxiqués ou empoisonnés
à l'heure et au jour qu'il est
ils dorment toujours dans la ville fantôme
ils attendent que des princes charmants
et des princesses affriolantes
viennent un jour
les réveiller en douceur
et les aimer ensuite avec chaleur
leur faisant oublier
ce cauchemar qui fit tomber la ville
dans l'oubli et le silence
*
Ô voleur!
comme des fous les gens couraient
ils arrivaient de partout
ils criaient ô voleur
arrêtez-le il s'enfuit avec la lune
ô voleur
il l'a décrochée nuitamment
alors qu'elle était en son plein
et que tout le monde dormait
quand il l'a prise elle s'est éteinte
il l'a débranchée
pour que personne ne la voie plus
arrêtez-le
c'est un fou furieux
comment pourrons-nous désormais
chaque mois
la chanter et la célébrer
la voir croître et s'arrondir
avant de décroître et de pâlir
se réjouir
quand elle luit
et la regretter
quand elle décide de partir
mais le voleur lunatique
courait beaucoup plus vite
les jambes à son cou
la lune sous le bras
il eut tôt fait de semer ses poursuivants
qui ne l'ont jamais revu
chaque soir
ébranlés dans leurs certitudes
ils fixent le ciel
toujours sans lune
sans toutefois désespérer de la revoir
une nuit
briller de nouveau
ils attendent patiemment
leur messie
leur sauveur
*
Les commodes en colère
dans la chambre
les commodes se mirent en colère
elles se brassaient le derrière
de tous bords
de tous cotés
les tiroirs tombaient par terre
se dévidaient
dans un désordre indescriptible
de la plus petite
sortaient soutiens-gorge et slips
de soie ou de satin
du linge beau et fin
des nuisettes
des jupons à aguicher
les moins coquins
des bas de nylon effilés
qui devaient bien envelopper
et caresser
de longues et jolies jambes
des jarretières un peu polissonnes
elle rejetait tout
décidée à s'en aller
l'autre commode qui lui faisait face
plus haute mais plus étroite
produisait un plus fort boucan
elle lançait par terre
petites culottes et tricots de peau
mouchoirs et chemises
puls et pyjamas
cravates et bas
la colère arrivait à son paroxysme
on s'injuriait
se menaçait
je partirai disait la petite
alors va chez ta mère
répondait l'autre
bon à rien
lui fut rétorqué avec dédain
sous-entendant des choses
mais des choses fort humiliantes
vraiment elle était allée trop loin
la grande commode peinée
face à l'insulte
se tut
silence grave
pardon dit l'autre
ce n'est pas ce que je voulais dire
mais tu l'as dit quand même
oui mais je suis allée au-delà de ma pensée
pardonne-moi
viens qu'on se réconcilie
voilà je fais le premier pas
alors tous les vêtements étalés
se mirent à bouger et à danser
un tango endiablé
si lascif que je ne peux le décrire
de jeunes oreilles étant peut-être à l'écoute
si bien que tout s'entremêla
on vit des gants
caresser des bas soyeux
des cravates se dénouer
des soutiens-gorge serpenter
autour de tricots de peau
des slips s'enrouler aux pyjamas
des rires fusaient joyeux
enfin
heureux
voilà qu'elles se pardonnaient l'une l'autre
alors je repartis sur la pointe des pieds
au moment où commençait dans le lit
à se faire entendre de doux murmures
qui accompagnaient les premiers ébats
annoncés par les doux câlins
et les tendres embrassements
*
Un lac à traverser
il s'habilla chaudement
bien que l'été fut proche
la bise était fraîche
un sac de nourriture sur le dos
il partit vers la plage
pour traverser le lac
lui qui ne savait pas nager
il s'avança sur l'onde paisible
et se mit à marcher sur l'eau
comme si de rien n'était
sous ses pieds les vagues paisibles
le portaient en le berçant
des mouettes venaient sur ses épaules
se percher
certaines sur sa tête
picoraient dans ses cheveux
ils s'en débarrassait après un moment
quand le jeu devenait ennuyeux
il continuait sa promenade aquatique
là où il posait les pieds
l'eau était claire
il voyait des poissons tourner surpris
autour de lui
certains sautaient hors de l'onde
et volaient un moment comme des colombes
après un bon bout de marche
il se retourna vers la berge
tout le village y était rassemblé
on lui faisait signe de revenir
le prévenant qu'il allait périr
mais il continuait sa route
sans obstacle
deux heures durant il alla ainsi
avant de se retrouver de l'autre côté
sur la plage de sable chaud il s'étendit
se coucha calme mais fatigué
aussitôt il s'éveilla dans son rêve
et se mit à ronfler
*
Le temps ne s'arrête jamais
le miroir la regardait
d'un air bienveillant
elle avait un joli minois
était affable
bien coiffée
les pommettes rouges
la bouche sensuelle
elle se mit du rouge à lèvres
carmin
puis les serra l'une contre l'autre
moqueuse
elle se lança un baiser à elle-même
qui en disait long sur ses intentions
à elle la jeune bourreau des coeurs
la voilà prête à sortir
elle se fit un signe de la main
en guise d'au revoir
elle tourna le dos au miroir
se dirigea vers la porte
c'est là qu'elle entendit quelqu'un lui dire
bonsoir ma belle enfant
elle avait dû se méprendre car elle était seule
elle était encore sur le pas de la porte
lorsque quelqu'un lui répéta
bonsoir ma belle enfant
son pouls s'affolait et elle tremblait
pour en avoir le coeur net
elle rentra
fit le tour des pièces
personne
la peur augmentait ses palpitations
que se passe-t-il
j'entends des voix
non j'ai déliré
c'était sans doute le bruit de mes pas
elle tourna la poignée
et quand elle fut presque dehors
la même voix l'interpella
bonsoir madame
elle était sûre qu'elle n'avait pas rêvé
tout à l'heure on l'avait appelée ma belle enfant
et maintenant madame
elle fouilla dans les placards
dans les moindres recoins
rien
j'ai la berlue parce que je me suis surmenée
voilà que j'ai des étourdissements
des acouphènes
il faut me reposer
cette sortie me fera grand bien
et elle repartit
au moment où elle allait fermer la porte
de nouveau on l'apostropha
bonsoir la vieille
elle se retourna et regarda en tous sens
apeurée
pourtant tout semblait normal
mais elle se sentait pâle
prête à défaillir
alors pour se refaire une beauté
elle se dirigea vers le miroir
stupéfaite
horrifiée
elle y vit le visage d'une vieille femme
ridée et édentée
le dos courbé
les cheveux gris
que se passe-t-il criait-elle
en allant et venant
devant le miroir
elle s'y arrêta encore une fois
que m'arrive-t-il
je divague et j'ai des visions
contre toute attente
le miroir s'adressa à elle
il ne t'arrive rien
c'est le temps qui passe
on est déjà demain
ta vie s'allonge derrière toi
devant c'est le trépas
ce n'est pas possible dit-elle
j'étais jeune il y a moins d'une heure
oui reprit la voix
le temps file trop vite
c'est pour cela qu'il faut jouir du présent
à chaque instant
car le fil de nos jours
qui se déroule de seconde en seconde
on le voit toujours moins court
qu'il ne l'est en réalité
et c'est pour moi déjà
le temps de te chercher
et sur le coup elle tomba
raide morte
au pied du miroir
depuis longtemps
très longtemps
sans tain
*
Un soir au concert
il avait dix-huit ans
boutonneux et visage ingrat
les cheveux roux
presque rouge
à chaque oreille
trois ou quatre anneaux
il était assez mal habillé
comme beaucoup de jeunes de son âge
un peu punk sur les bords
et il portait un sac à dos
partout où il passait les insultes fusaient
surtout de la part des mondains
de la haute société
on tournait vers lui un regard de dédain
un soir près de la Place des Arts
il bouscula par mégarde
un couple dans la quarantaine
l'un et l'autre en colère
l'insultèrent avec méchanceté
l'homme en le tutoyant lui dit
alors tu ne sais que faire de tes dix doigts
pourquoi me parler comme cela
répondit l'adolescent
c'est en glissant que je vous ai heurté
toujours de bonnes raisons ajouta la dame
c'est pitié de voir ça
c'est une honte vraiment
de s'accoutrer de cette manière là
tu seras toujours à la charge de la société
et finalement c'est nous qui t'entretiendrons
de nos impôts si chèrement payés
comme tous les paresseux de ton espèce
l'adolescent se morfondait
il ne s'avait que dire sinon qu'il allait au collège
et que plus tard comme eux
il gagnerait honnêtement sa vie
le couple s'esclaffa en rigolant
et la dame de dire
oui comme filou
ou comme chômeur
à cela son mari ajouta
tu n'es qu'un voyou
et ils s'engouffrèrent dans le hall
tout illuminé
et le jeune poursuivit son chemin
pendant que monsieur et madame gagnaient leur place
car depuis longtemps
ils avaient leur abonnement
ils se mirent à piailler avec leurs amis
qui tous étaient habillés de vêtements griffés
et se pavanaient comme des paons
pour s'exhiber et pour se faire valoir
ils parlèrent un moment
en mauvais termes évidemment
des jeunes d'aujourd'hui
bien mal élevés sauf les leurs
qui allaient dans des établissements privés
les lumières dans la salle se tamisèrent
ce qui fit taire les spectateurs
peu à peu tout caquètement s'arrêta
et le rideau de scène se leva
on applaudissait le chef d'orchestre
puis ensuite le jeune pianiste
quand il fit son entrée
sitôt assis au piano il commença
dès la première mesure
il fut foudroyant
il jouait avec fougue et passion
parfait était son jeu
une technique remarquable
il jouait comme un dieu
à sa guise il faisait rire ou pleurer le piano
jusqu'à la fin du concerto
se fut un continuel crescendo
une telle prouesse
fit lever tout le monde dans la salle
qui criait bravo bravo
ce fut un tonnerre d'applaudissement
et le chef d'orchestre le présentait
avec fierté de sa baguette
et le couple hargneux tapait des mains
comme les autres
jusqu'au moment où madame
dans sa lorgnette
reconnut le jeune rouquin de la rue
en queue de pie et fort bien mis
sans anneau dans les oreilles
le mari aussi venait d'identifié
le voyou qu'ils avaient insulté
ils s'arrêtèrent d'applaudir
ils se sentaient remplis de remords
ils savaient d'après le programme
que ce jeune prodige avait 18 ans
et qu'il avait gagné déjà
le premier prix des concours
de Genève Londres et Varsovie
ce soir là
ils apprirent que l'habit ne fait pas le moine
et que jamais
au grand jamais
il ne faut se fier aux apparences
sous peine de s'en mordre les doigts
ou de passer pour un fat
*
La sirène amoureuse
la sirène s'ennuyait
tout au fond de la mer
ses compagnes la délaissaient
elle devint solitaire
souvent elle pleurait
et à plusieurs reprises
en état de mélancolie
elle fut surprise
elle demanda à la reine de partir
pour voir la mer d'en haut
car elle en avait assez de fixer le plafond
tantôt bleu tantôt nuageux
la reine refusa
car le destin des sirènes est de vivre
aux fonds des eaux
pour enchanter de leur voix les marins
afin qu'ils puissent venir pêcher
et ramener sur terre les précieux poissons
qui nourrissent la population
alors par une nuit sombre
elle quitta le château
pour nager vers l'aube
elle se retrouva sur des rives sablonneuses
où une ville merveilleuse dormait encore
elle était là depuis un moment
quand un jeune garçon la vit
et s'arrêta
ce fut le coup de foudre
l'une et l'autre devinrent amoureux
pendant des jours ils se courtisèrent
mais à un moment
la sirène dit à son amant
qu'elle devait retourner au creux des flots
afin de prévenir la reine de ses intentions
de vivre hors de l'eau
comme il se doit la reine refusa
elle la menaça même des plus grands malheurs
la sirène pensait à son amoureux
tant elle était triste qu'un jour
au petit matin
elle s'envola pour la dernière fois vers le ciel
pour y retrouver son soupirant
elle s'était assise sur une pierre lisse
pour attendre qu'il vienne
il n'était pas loin
car lui aussi se languissait
ils se prirent et l'un à l'autre s'unirent
dans un bonheur merveilleux
puis doucement ils s'endormirent
quand la petite sirène s'éveilla
elle était seule
son compagnon était parti pour le travail
c'est à ce moment qu'apparut la reine
qui la somma de la suivre
elle refusa
la reine se fâcha
et de nouveau lui ordonna de revenir
comme elle ne voulait toujours pas
de bronze elle la changea
depuis son adorateur inconsolable
tous les jours à Copenhague
vient auprès d'elle soupirer
les gens qui les ont vus
racontent même que la sirène de bronze
verse elle aussi des larmes
chaque fois que son amant
doit l'abandonner pour retourner travailler
c'est ce que l'on dit
mais moi-même qui vit en cette ville
je dois avouer que jamais
je n'ai vu la petite sirène sangloter
mais parfois la mer en furie
se jette contre elle
et tente de la ramener au fond des eaux
*
L'étoile polaire
une nuit l'étoile polaire
en eut assez de grelotter
et tout lentement
elle se laissa dériver vers le Sud
elle s'éloignait peu à peu de sa famille
la Petite Ourse
les autres étoiles de sa constellation
fermèrent les yeux
sur cette lente évasion
et quand elle fut assez loin
on la remplaça parce que son absence
pouvait nuire aux marins
qui comptaient sur elle pour se guider
elle heureuse et indifférente
vagabondait au hasard
mais bientôt elle perdit sa route
et se trouva dans un milieu turbulent
des comètes venaient de partout
allaient dans tous les sens
elle était en péril
comme un chien dans un jeu de quilles
et ce qui devait arriver arriva
un météorite de plein fouet
la frappa
elle n'avait pu à temps l'esquiver
et en mille morceaux éclata
dans le ciel ce fut un feu d'artifice
des gerbes de toutes les couleurs
jaillissaient en flambant dans l'azur
puis ensuite les éclats
en étoiles filantes
argentées et flamboyantes
traversèrent l'atmosphère
belles et brillantes
pour tomber et se noyer dans la mer
alors chacune des parcelles
regardant à travers les eaux le ciel
voulut y retourner
chacune d'entre-elles tentait de se recoller
pour reconstituer l'étoile polaire
pour cela il fallait qu'elles se rassemblent
depuis elles se cherchent les unes les autres
et petites étoiles des mers
elles tentent en vain
en rampant
de retrouver leurs congénères
parfois la nuit
certaines se traînent sur les plages
et pleurent en regardant les cieux
où brillent avec joie et éclat
les astres de feu
*