Avertissement: Le présent recueil contient uniquement des poèmes érotiques qui pourraient
choquer certaines personnes.
De ce fait, il ne s'adresse qu'à des adultes avertis que de tels écrits ne sont pas susceptibles d'offenser.






Poèmes érotiques



15 et 16 janvier 99



La première nuit



nous étions l'un et l'autre
très intimidés
nous nous sommes glissés
en nous tenant par la main
dans la pénombre de la chambre
à la fois heureux
à la fois troublés et inquiets
chacun dans notre coin
nous tournant le dos
nous nous sommes rapidement
déshabillés
pour vite nous retrouver sous le drap
à nous embrasser
nos regards furtifs
nous rendaient encore plus nus
nos mains découvraient
le corps de l'autre
je fus ébranlé
quand tu décelas mon trouble
et que tu commenças à m'exciter davantage
moi je caressais ta peau fraîche et lisse
j'arpentais ton corps
je longeais tes cuisses
qui peu à peu m'invitaient
à plus d'audace
en s'écartant de façon presque imperceptible
mais je n'osai craintif m'aventurer
et pousser plus loin l'exploration
mais si impérieuse se faisait l'invitation
que je finis par y engager une main
pendant qu'en même temps
tu continuais à serrer tendrement
l'hommage que te rendait mon corps
de mes doigts
je fis avec lenteur
le court chemin
qui me conduisait à ton sillon
sa moiteur au parfum musqué
me rendit plus hardi
et je frottai avec douceur
la perle que je venais d'y découvrir
ainsi que les berges de ta source
qui frémissait
un doigt indiscret
sonda ta fente
et tu répondis à cette intrusion
en ondulant des hanches
nos corps en demandaient encore
encore davantage
mais presque en même temps
d'un commun accord
nous avons murmuré
restons-en là pour ce soir
et nous nous sommes endormis
dans une merveilleuse sensation
de bonheur et de bien-être
enivrés d'affection

*


Le premier matin



la clarté tamisée de l'aurore
qui filtrait à travers les volets
nous réveilla en même temps
la joie irradiait
de nos regards complices
sourire de l'aube sur tes lèvres
baisers affectueux
j'enfonçai mes doigts dans tes cheveux
tu encadras mon visage de tes mains
comme pour en fixer à jamais l'image
nous nous appartenions un peu plus
tous les deux
je déposai ma tête sur ta gorge
et titillant tes mamelons de mes doigts
je les voyais se raidir
bientôt nous reprenions nos ébats
là où la veille nous les avions laissés
déjà nos corps nous étaient plus familiers
on en connaissait les principaux sentiers
nos chairs furent vite à se manifester
te servant d'une main tu me guidas
là où tu voulais que j'entre en toi
quelle douceur que de pénétrer
dans cette moite ouverture
chaude comme un cocon
nous restâmes ainsi un moment sans bouger
à nous contempler l'un à l'autre unis
bonheur de nous faire languir
de déguster avant d'engloutir
l'un à l'autre
moi en toi
toi autour de moi
une vague berceuse
venue de la mer
nous fit tanguer
d'abord si calmement
que le tangage distillait à petites doses
des sensations encore inconnues
elles se répandaient partout
partout en moi comme en toi
puis les vagues se firent plus fortes
un roulis nous ébranlait
les sens étaient en fusion
ma bouche mordillait tes mamelons
en fière érection
tu haletais en me griffant le dos
de tes ongles pointus
le temps était à l'orage
on le sentait venir
par l'ampleur de la houle
tu soulevas brusquement le bassin
pour ensuite déposer tes jambes
sur mes épaules
moi presque à genoux
je te récitai le plus beau poème d'amour
les yeux dans les yeux
nous voguions sur l'onde houleuse
j'allais et venais entre tes cuisses
et en crescendo monta le vent
qui nous ramenait vers le rivage
et l'eau saline jaillissait de ta source
au fur et à mesure que je te prenais
puis en toi comme un éclair fulgurant
j'explosai de tout mon corps
et notre navire s'échoua sur la rive
dans un dernier soubresaut
dans un cri de joie
nos êtres furent secoués de spasmes
alors que nous étions l'un sur l'autre
à jouir du même orgasme


*


Les fruits murs



tu cueilles des fleurs
dans le jardin
le visage ombragé de ton chapeau
penchée tu choisis les plus belles
alors que je te regarde
avec douceur
ton corsage entrouvert
laisse voir tes seins bien ronds
d'une blancheur laiteuse
tu restes là
et avec des gestes lents
tu poursuis ta cueillette
tu sais que je te regarde
et ne veux le montrer
tu en tires un plaisir velouté
que tu ne peux cacher
ta poitrine qui se cambre
te trahit
tes mamelons se pointent
en érection
prêts à s'offrir
je glisse ma main dans ta robe
ton attente est comblée
mes doigts caressent le bout de tes seins
sans mot dire tu te laisses faire
j'en éprouve un grand plaisir
pendant qu'en moi
monte un irrésistible désir
que ta main qui me touche
peut constater
d'un léger massage
elle l'encourage et le partage


*


Peau tendre



te voilà nue
au milieu du jardin
fleur parmi les fleurs
ma peau se colle à la tienne
je t'explore
et ton corps ondule
comme une vague sur le sable
tu tangues sous mes mains
qui pétrissent ta chair
ma langue assoiffée
lèche le contour de tes courbes
arpente ta poitrine
en l'effleurant à peine
je parcours en allant de l'un à l'autre
le cercle rougeâtre de tes aréoles
qui peu à peu s'affolent
quand j'arrête ma bouche humide
sur une pointe de sein
que je fais vibrer
qui se raidit encore davantage
avant que tu roules légèrement
pour offrir l'autre
à ma bouche vorace
tu croises tes bras frais
autour de mon cou
tu me fixes d'un regard
à la fois bienveillant et suppliant
je m'écrase sur toi
pour me coller à ta joue
tu murmures des mots doux
ceux de l'amour
puis en signe de consentement
tu lèves ta tête avec gracieuseté
pour ensuite avec tes dents
mordiller un lobe d'oreille
et me demander en chuchotant
de continuer à éveiller tes sens
comme une harpe enchantée
en t'excitant je m'excite
nos corps sont bientôt en émoi
rien n'existe plus sur terre
si ce n'est toi et moi
confondus et noyés
dans la même émotion


*


Bouche de rosée



nos lèvres se touchent
se murmurent des secrets
s'entrouvrent et se parlent
un peu confuses
elles se tutoient tout bas
dans l'intimité des coeurs
elles ont leur propre langage
bouche à bouche
les langues s'entrecroisent
s'embrassent
savourent le fruit de la passion
à la sève juteuse et fraîche
d'une même faim
d'une même soif
et nos mains se nouent
puis se détachent
parcourent le corps de l'autre
s'entrelacent
sous les doigts la peau frémit
se hérisse
chair de poule
frisson qui nous traverse
dans le dos
sur les bras et les jambes
on se cajole
on se câline à n'en plus finir
on brûle
on s'enflamme
nos peaux sont moites
s'entremêlent
dans l'accouplement
dans l'union de nos convoitises
dans la concupiscence
dans l'accomplissement du désir

*


Quand tu me couvres



allongée sur moi
tu me réchauffes de ton corps
tu te mires au fond de mes yeux
je plonge dans les tiens
tes cheveux coulent parfumés
le long de tes joues
ils viennent chatouiller mon cou
tes seins
lourds et beaux
s'offrent à moi
je les prends dans mes mains
les masse avec douceur
ils sont mous et tendres
tu te baisses amoureuse
pour te rapprocher
ton regard brille
ton visage s'éclaire
d'une moue enjôleuse
tes seins qui pendent
comme des fruits murs à une branche
se frottent contre mon torse
je les serre l'un contre l'autre
pour mettre en évidence
ton sillon mammaire
si prononcé et sensuel
mon excitation parvient à son comble
de mes lèvres
j'effleure tes mamelons pointus
en allant de l'un à l'autre
puis je les ramène l'un contre l'autre
pour les saisir d'un même baiser
je les fais vibrer de ma langue
et voilà que tu te cambres
et qu'en glissant tes hanches
comme si tu me prenais par la main
chez toi tu me fais entrer
dans la chaleur de ton intimité
nos yeux se croisent
tu me chevauches en me fixant
tu vas tu viens
avec joie et jouissance
tu m'embrasses partout
et me conduis au paradis
je ne sais plus où je suis
et voilà qu'ensemble
tous les deux
nous sommes secoués
de la tête aux pieds
d'un indicible frisson
qui nous ébranle et nous réjouit
la vague fougueuse
se retire lentement de la plage
nous laissant épuisés
nous restons ainsi en silence
sans bouger
unis l'un à l'autre
pour nous redire sans un mot
je t'aime à la folie


*


Ma bien-aimée



ton visage
aux traits si fins
mirage éblouissant
dans le soleil du matin
perles de rosée
sur le gazon du jardin
tendrement déposées
le présent à petits pas
pousse derrière lui le passé
ton regard profond
ciel étoilé
ombre qui me confond
je ne peux rien y cacher
il m'enveloppe de tendresse
me délivre malgré moi
de toute tristesse
ma peine s'y noie
adorable maîtresse

tes yeux si doux
mer calme d'azur
envers du ciel
limpide et pur
je m'y vois
mon image se reflète en toi
entre nous deux
toute distance disparaît
main dans la main
unis à jamais

ta bouche vermeille
grenadier en fleurs
j'y bois l'aurore
aux saveurs de la nuit
qui peu à peu s'éveille
tes lèvres m'affolent
papillons légers
sources d'ivresse
d'où coule la vie
j'y butine l'allégresse
de nos folles nuits

sur ta peau laiteuse
je me réfugie
ta poitrine enjôleuse
tes hanches ondulées
gestuelle amoureuse
on se couvre de baisers
corps à corps
jusqu'à s'épuiser
à s'aimer d'amour
l'un à l'autre liés
pour toujours
pour l'éternité
oh ma bien-aimée


*


Caresses butineuses



sous la chaleur du soleil
tes lèvres s'entrouvrent
grandes et petites
pétales roses et fragiles
qui s'épanouissent avec délicatesse
comme les ailes légères d'un papillon
irisées d'un rouge tendre
au creux de sa corolle
reluit la douce cyprine
qui perle à fleur de peau
ambroisie des amoureux
je butine
autour de ta fleur odorante
avant d'y poser ma bouche
pour y laper le nectar des dieux
qui s'écoule de ta source
je sens ton corps qui se livre
il s'offre à moi
tout entier
il se confie avec ferveur
à ma tendresse
à ma passion
tu m'enivres de tes caresses
de ton breuvage désaltérant
qui trahit si savoureusement
tes plus secrets
tes plus fougueux désirs


*


Soleil caressant



tu es là
détendue au soleil
dans une chaise longue
le vent a poussé ton peignoir
qui s'est entrouvert sur tes jambes
côté jardin
j'ai une vue incomparable sur ta toison
côté corps
je suis en érection
car te contempler ainsi me bouleverse
mon coeur tombe à la renverse
mon regard se balade
butine et volette
mais revient toujours à tes genoux
puis se fixe
entre tes cuisses
tu sais ce que je vois
et tu sais plus encore ce que je veux voir
j'ai capté tes yeux
que tu as vite détournés
pour continuer à lire ton journal
mais mine de rien
tu ouvres peu à peu
sans jeter un coup d'oeil sur moi
pour ne pas freiner ce jeu
tes jambes comme des ciseaux
me permettant une vue plongeante
sur un paysage splendide et beau
je distingue entre deux arbres
dans un petit boisé
une peau duveteuse et ombragée
où brille la rosée
tout en lisant tu ramènes vers toi
une de tes jambes
pour satisfaire mon appétit
quelle merveille
tout apparaît de ta fleur
qui s'ouvre au matin
corolle enivrante
qui déploie ses pétales
qui se décollent fragiles
dans la moiteur de l'été
ma chair est à vif
et tu le sais
tu te lèves et viens vers moi
enroules un bras autour de mon cou
et me dis un peu moqueuse
couchons-nous là sur le gazon
et ces mots résonnent encore en moi
comme une adorable chanson


*


Attente fiévreuse



oh mon amour
ma mie
ma moitié
quand reviendras-tu
je me languis de toi
ta place à mes côtés dans le lit
reste froide
mon corps à faim de ta présence
je sens ton odeur
sur ton oreiller
et les draps de toi restent parfumés
mais en attendant ton retour
ton arôme me rend fou
encore deux jours
mais c'est une éternité
je me réserve pour toi
mais avec combien de difficultés
ma peau frissonne à ton seul souvenir
à celui de ta bouche
parcourant mon corps
tu me hantes comme une idée fixe
je me meurtris dans cette attente
tout prêt à te recevoir
à voir tes lèvres se poser ici
et butiner plus bas
je meurs de me retrouver entre tes bras
brûlants de tendresse
de sentir tes mains
généreuses de caresses
j'espère ce jour où de nouveau
je plongerai goulûment ma bouche
entre tes seins
pour redécouvrir leur langueur
leur indolence et leur mollesse
ce jour ou cette nuit
où je pourrai suivre des doigts
la courbe de tes hanches
celle de tes fesses
et alors on se collera
corps à corps
peau contre peau
pour que nos chairs exultent
reviens-moi vite
je m'impatiente
et ne pense qu'à toi
je t'embrasse
ton amour fiévreux


*

  • (Retour à l'accueil)