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ÉCRIT DANS LE CIEL... Poèmes pour voler debout... Stores Vénusiens À travers les jalousies Le jour épie la chambre Ses cheveux saignent aux éclats M'aiment à bout portant Rayures de lumière Leurs ombres griffent le vent À travers les jalousies La nuit creuse sa tombe Jalousies, coeurs criés Volets à mains armées Stores Vénusiens À travers les jalousies L'amour brûle le temps * Né la nuit Né la nuit, je suis une ombre éblouie Né au milieu de la vie, je suis la moitié de minuit Quelques pas dans l'eau Pépites d'aurore Quelques ors mouillés à brûler de haut Né sans mon corps Né au paradis, les yeux couverts par un protège-midi Quelques suies quelques sorts Éclats de marches escaliers sans chateau Je suis un soleil transi Né la nuit Né dehors * Lune ouverte Passe de saison en saison La mèche des mouettes allumée Rit le drapeau perlé Lever d'ombre à réveiller l'horizon Mains contre main sous la nuit en verrière Poudre d'étoile de mer Chants de passage Ancrées dans l'orage Les notes font la course aux nuages Lune ouverte où la vie en rond vient s'effiler * Rose du vivant Une fleur pousse un cri sans tapage La nuit tombe Dans un flacon de parfum En ressort muette Les pétales du vivant ont chaud dedans Près de toi Les mots de la rose Te parlent en vivant * Chant du soir Ne me regardez pas En cousant les fenêtres ce matin J'ai piqué le ciel C'est pourquoi l'aube est rouge Ne me parlez pas En arrosant les mains ce midi J'ai griffé le jardin C'est pourquoi les gestes sont noirs Ne vous étonnez pas En dessinant le vent ce soir J'ai bu des anges C'est pourquoi la nuit vole en brillant * Yeux en amants Tes yeux en amants Lisent dans les coins De mon sourire Mélanges savants Cils en tamis Mots en forme de fruit Sirène noire en robe des chants Ta maison Pousse au dernier étage de la lune Vision de pluie Sur un bruit de beau temps * Cadran polaire À la dernière seconde avant minuit L'or s'assouplit à la peau du balancier La nuit s'ouvre grande Sur des banquises scintillantes Et tout se ralentit Le corps glisse en rêvant Cousu à l'horizon Lentement Sans un son À la première seconde après midi Les doigts comptent sur ma vie Le jour se plie Aux désirs des pétales Et tout se met à vivre Les yeux libérés La lumière Penchée à la fenêtre Chaleur passée de main en main * Hémisphère Une feuille posée sur mes yeux fermés Hiver du regard Le froid trouve toujours une raison de vivre De s'immobiliser Et de s'insinuer entre les doigts Une fleur allumée sous l'eau des yeux Été en couloirs Le soleil trouve toujours une raison de nager D'inventer Et de rire dans ma main * Sous les vagues Sous les vagues Les oiseaux font des courants volants Surface profonde De la mère du monde Coeur noir de la clarté Sous les vagues Les feuilles éveillent le fond du ciel Dansent en cercles d'ombre Aux cordes d'eau des soleils profonds Sous les vagues Les gestes multiplient l'eau Soleil plongeon Crépitent les gouttes de mots * Mi amor Sang des arbres Promenade colère Feu nègre des regards nuit étouffant la lumière Mes pas pèsent sur la terre Mes mots tuent les vies de l'air Meurent les feuilles Se couchent les mains écorchées Dorment loin les cendres hurlées Mi Amor, Mis à mort Se fendille mon corps Vie étrange Où les coeurs se mélangent Je pourrais rire pourtant Et je meurs en marchant Je rentre S'achève la journée D'une vie enterrée * Vague abonde Tu viens du haut de l'air De la dernière marche de la mer Vague abonde Marée féconde La nuit dort encore Vague d'or Tu t'approches de la terre À la vitesse de la lumière L'eau bat dans ton coeur T'encercle à l'intérieur Aucun vent ne te couche Le ciel naît de ce que tu touches Vague abonde En toi, la nuit ronde Autour de toi, le monde * Cahier de peau Aux mains tendues du papier J'abreuve l'encre pliée Souffle sur le froid des peaux Incurve la soif de l'eau En pliures de mots Strates aux sphères Forage du stylo Aux gisements d'hier Mes paupières écloses Voient les fleurs du cahier Tourner Éclater Le sang des couleurs Le poids des pétales Ferment les yeux du papier Feu de pollen Mains graminées Découpent les vides Ajoutent quelques rides Plient la feuille en bateau Cahier de chair aux granulés carreaux Maintenant, Les doigts des mots écrivent sur ma peau * Coeur fruitier Ciel marin, Lune malicieuse Chant proche aux rives sémaphores Carillon-surprise Musique des arbres du dedans En signes d'eau Les rires muets des mains Sang d'oiseau Au nid des bateaux Une rose-radeau Dans la puissance du flot Étoile de mots Sur un océan d'ailes Flambeau doux du ciel Tu portes haut L'écriture du soleil Flore de lumière Caresse de fleurs en couleur Source dansante en jardin de gestes Coeur fruitier Esprit mélodie * Les yeux ouverts Le vent soufflait de côté, cils courbés en modestie, j'avançais sans trop y voir. Une par une, mes pensées ont affronté l'éclat du désordre. En perçant des fenêtres dans les murs, La vérité nue, bleuissait de froid. Enroulé sur son mouvement fluide, ses rayons buvant l'air le soleil n'était pas près de se coucher. Les gestes splendides nés de tes mains martelaient l'éclat du soir, pour forger une vision. Dans la trace d'un souffle les yeux ouverts, j'ai imprimé la couleur de l'orage. * |