
le vent souffle... je n'ai pas de guerre parce que ma terre appartient à un oiseau ma bataille, tenir la plume très haute loin de mes griffes endormir ma fourrure fermer l'ambre de mes yeux me faire tanière à vos mots je ne voyagerais pas sur vos épaules... marie luci louve Mathieu montagnaise meltepeshkao ! * Dédicace aux âmes errantes je livre ma tignasse une peinture sèche boisée de tourments une sauvageonne qui n'a qu'un cri. à vous donner à vous dire à vous mourir. inniuiak ! sentiers d'encre sale. feuilles mortes, sur ma peau rouge. l'automne qui tombe indien. * Femme la mer vogue sur ma peau écume au parfum d'algues pieds de sable, j'aligne courbures et angles d'eau. mon esprit, un bateau se soulève et tangue, mât au cou de cygne songes portant drapeau. corps glissant les flots sur la houle, je divague. brume couleur de vigne je suis lame à nouveau. * Je ne sais Comment t'aimer? est-ce que je dois pour cela avoir un coeur? j'ai tendu une main pleine, mais j'ai retenu l'autre. comment donner? je ne sais pas comment te dire? est-ce que je dois avoir une voix? j'ai chanté ma tendresse, mais j'ai crié ma colère. comment se taire? je ne sais pas comment m'ouvrir? est-ce que je dois me déballer? j'ai ouvert ma porte, mais je t'ai laissé à l'entrée. comment inviter? je ne sais pas comment te prendre? est-ce que je dois tendre mes bras? j'ai touché ta main, mais je t'ai refusé mes reins. comment partager? je ne sais pas comment vivre? est-ce que je dois brûler mes ailes? j'ai mis le feu, mais je ne suis pas un ange. comment mourir? ça, je sais... * Écorce je suis une peau d'arbre que balance le vent je plie et déplie ma peur une branche dans les yeux je lèche la rosée la sève m'ayant quittée je m'éloigne de ma vie le temps qui me déchire je tourne le dos à la lumière le soleil me recourbant j'attends la main qui m'arrachera et m'écrira une éternité * Parle chante moi encore ta romance sur les flancs bavards des cimes et plie mes ombres dans ton vent redis-moi ton chant feuilles et branches tes notes froissées écrites suées racontées dans l'onde et vole mon chant prends ma voix respire sur mes doigts que je te lève, mon dormeur.... * Simplement elle dépose sa vie. donne son ombre à la poussière doucement, sans cri, juste une inclinaison sa bouche appuyée sur sa mère. elle était là, parfois tremblante parfois troublante tournée vers la lumière un pied dans la terre rêvant de parfums et de matin. ce n'était qu'une fleur d'été, déposée là, par un semeur de vent. * Septembre... aux grisailles venant tressées de paille les chapeaux de vent débordent et baillent note en fil d'épis de blé haillons d'iris de nos mares le temps ne sait chanter que les airs de mon regard envolées de berges chaudes pour les aubes de brume accrochées aux buvards d'émeraudes que les oiseaux de soie allument un joyau dans septembre revenu aux écrits pourpres de son écrin pour cette danse il a vêtu la peau de mon chagrin... * Silence d'o je sais rendre les armes une à une, elles tombent. elles s'échappent de la tempête pour mourir, suspendues, entre l'écorce et ma peau. je connais ce bruit celui qui gémit. cette fontaine où l'absence habite, elle coule le long de nos jours de silence. je foule la vague, nue. il connaissait ma nuit pour l'avoir embrassée. un ciel se penche sur moi, je connais maintenant sa couleur. je sais pleurer en silence. * Je t'aimerai... je t'aimerai, jusqu'a ce que l'amour nous sépare. et tes mots pourront dormir, enfin, ce soir. je les tuerai, dans leurs sommeils. et le rêve sortira de l'écorce au grand jour. absence, absence, absence... au jour du feu ou tes yeux se fermeront brûlés, consumés, fermés, par ma passion. cette nuit et avant la vie. ta vie. et le ciel pliera la terre. demain, je les tuerai, une à une. et tu viendras mourir ma douce absence. * Clairière petite terre prise dans le roc vie cachée coeur de blé couché frôlant les ombres des cris d'eau creuse la nuit je m'étends en quelques mots l'harfang guette une île dans la forêt * Lettres chante champ fossoyeur terre parterre de voix morte immaculée craque mes cris corbeau à la corde d'écorce de ma peau je suis femme ficelle à coudre les lunes dans les marées baiser de blanche bouche écume curieuse éternel tentation d'eau je me couche couventine prostituée priant le pire et jouir du rêve comme un joug entre mes jambes rive rougissante revenue empreinte de plainte sable sous serment une plage lisse casse tes vagues promesses larguées de la rivière au fleuve poète resté fidèle mer de ma furie rumeur de mots morts feuilles folles vent devenu je souffle la passion servante de mes souffrances aux orages que mon ciel écrit sous les pas de ma vie. * |