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EXTRAITS nous fermons doucement les yeux nous n'existons pour personne les instants suffisent à taire ce qu'il pouvait y avoir bien sûr il y a eu plusieurs coups pour remplir le vide il n'y aura aucun recommencement quelque part peut-être les dieux guettent dans les grandes cités de bouts du monde
les longs espacements pleurent sur l'amère existence des amants et leurs parfums s'étirent jusqu'à devenir le tiraillement incessant de leurs nuits incolores il y a tout ce qu'on ne peut voir qui les retient - il n'y aura aucun dieu rien ne devient pourtant moins réel être seul est un oubli j'ai attendu trop longtemps
je regarde le temple en ruine n'osant me libérer des offrandes refusant l'indifférence des dieux tu ne verras que des décombres rejetés par le temps les oiseaux se sont tus il n'y a plus que le froissement de leurs ailes dans l'air encore plein de tonnerre je risque un coup d'oeil vers le ciel comme un baiser d'adieu partirai-je un jour enfin seule ? EXTRAITS la nature avait trop souffert l'histoire devenait trop lourde un écho résonna au fond des coeurs expiatoires PLUS UNE GOUTTE DE SANG NE SERA VERSÉE SUR CETTE TERRE le soleil réapparut dans les sourires entrecroisés au pied d'un clocher la vierge se dévêtit plongeant la pureté de son corps gonflé de désir dans la mer le sang de la vie se mit à couler de tous les yeux
Douce folie des mains sur le corps de l'abîme
Ne feriez-vous que le vent qui anime ses marées L'instant du plongeon serait plus froid Si vous saviez l'infini qui s'y cache Et dans ces airs dont vous n'osez que la surface Est-ce leur vide ou le vôtre qui vous effraie Lourdement les mains se reposent à la terre (Un oiseau ne saurait mieux s'y ancrer) Dans le refus de l'altitude souvent meurent les voiles Et on y pioche avec le dos d'une rame Dans l'espoir incertain d'en soulever le sel Mais les ongles salis remontent toujours à la césure Brandissant leur crasse comme un poignard Qui n'osait pas fendre le ciel Les ailes s'y appuient, l'oeil hagard Avant le repli dans la chute tu viendras doucement reconquérir ces plaintes sans nom
au seuil des langueurs célestes où le péché s'abstient ensemble nous convertirons le feu à la chaleur et tous ces poings qui nous aveuglent aux remparts inassouvis d'une obscurité familière et dans ces lueurs étrangement divines naîtront les orages à la mort salée où tu marches encore en souffle endormi il n'y aura plus que nous pour chasser le point des jours à l'arc sans fin des cieux qui n'en peuvent plus d'estomper les nuages à coups de tonnerre ![]() Dans la blancheur des ombres Les cortèges se suivent et moi derrière Je ramasse les fleurs piétinées Je n'en peux plus de recoudre tes paroles Au fil du temps des couleurs fanées Des mensonges en catastrophe J'ai trop vu pour être aveugle Je n'en peux plus d'oublier tes remords Les souvenirs qui t'assaillent De douceur en douleur Il est trop tard pour les rappeler Je n'en peux plus de croire aux étoiles... M'attendras-tu dans le noir Si je te dis d'attendre à l'aube? Seulement une façon de parler Une banalité Juste une manière de dire bonjour Le soleil au visage Ce n'est sûrement pas de l'amour Seulement un souffle en arrêt Et l'instant de le reprendre Juste une distance écourtée Entre deux cils se courbant Ce n'est sûrement pas de l'amour Seulement une cambrure des reins Dans l'espace aimanté Juste un sursaut Dans la langueur des marées Ce n'est sûrement pas de l'amour Seulement un visage qu'on veut noyer Aux fontaines éphémères Juste un reflet perdu Qu'on cherche dans les miroirs déformants Ce n'est sûrement pas de l'amour Seulement une copie d'un mot Que nous pensions inventer Juste le soleil De tant et tant de jours Ce n'est sûrement pas de l'amour Seulement l'appel de la vie À l'instant de la césure Juste un petit pincement Au coeur rond de la planète Il y a des ombres qui jouent Sur les portes des grands hôtels Comme des mains gantées Sur des murs de silence Il y a des oiseaux qui meurent Aux fenêtres des grands hôtels Comme des coeurs naïfs Sur des yeux insistants Qui peut vraiment dire Pourquoi on dort toujours à poings fermés Dans le lit des grands hôtels ![]() Je rêvinvente Un pays oublié Quelque part entre hier et jamais Dans la mémoire de demain Qu'il nous faut reconnaître Je rêvinvente Un pays crucifié Quelque part entre le rouge et le bleu Dans cette marée d'étoiles Où une fleur survit Je rêvinvente Un pays qui m'échappe Quelque part entre l'ailleurs et les gens Dans cette parlure Qu'on nourrit de silence Je rêvinvente Un pays en escale Quelque part entre le vent et son nom Dans le souffle d'un baiser Amarré aux chants de l'espoir Je rêvinvente Un pays en patrie Quelque part entre mon coeur et le vôtre Dans ce lien fraternel Que l'on nomme Saint-Laurent ![]() |