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POTLACH Plonger dans sa tête Ne rien dire Boire ses lèvres Avec la ponctuation De ses soupirs Inventer des phrases À ne plus finir * Lorsque mes paupières Seront closes À jamais Promets-moi D'écarter les rideaux D'ouvrir la fenêtre D'accueillir le vent De le laisser Remuer ta chevelure De caresser de son souffle Ta nuque offerte Promets-moi Dans un sourire Sans mélange D'aspirer son murmure Lentement, doucement La bouche entrouverte En fuseau Toute entière Au baiser cornu du dernier adieu Promets-le moi. Je reviendrai alors En rappel Tel le coquin de Scapin En collant et escarpin Inventer une autre pitrerie Palam! Pas l'âme! * Le désir se tient en équilibre Sur l'ambivalence Il suffit d'un geste Pour que tout chavire Pour que sang martèle tempes Aimées aimés N'arrimez pas amour L'artimon engrossé de vent Jalouse le beaupré D'embruns léché Amours amours larguez les attentes Le timide rocher n'ira pas aux marées. * ESSARTS L'étincelle Dormir Les fouets du vent Claquaient rage Dans la nuit Le sommeil en allé Portait ses stigmates Une spirale de pensées l'aspirait Au centre des désirs fous Burinés dans sa chair Ses gestes revenaient Il faut sortir prendre l'air Humer tout ce juillet Il faut s'extirper De cet attrait centrifuge Grichement d'allumette Odeur de soufre Papier rougi résine bleue Fumée cobra plissement du front Pincements de cils Le nordé redouble d'ardeur Roule mégot dans la noirceur Le feu pouvait bien étriver le bois pas loin Sans lui * Oublis Et l'autre Vautré dans l'éphémère Pas assez de ses deux mains Pour vanter la géographie de ses déserts Pas assez de nuits de veille Pour vriller Sa tête d'autruche Dans l'anonymat De qui passe De qui erre Vous voudriez lui enfiler Un chapelet de billes de plomb Dans le calcul de ses oublis Au lieu de cela Vous regimbez d'envie Qu'il serait doux Aussi d'oublier Qu'il serait bon D'oublier aussi Un seul jour Au moins un Enfin. (Poème lu par l'auteur sur son site: Diseur) * Choral Alors une longue Flèche de silence Siffla dans l'air Une note grave Percuta la nef De ses tempes Les grandes orgues Entamèrent un choral Un large soupir s'ensuivit Ses bras comme des lierres Longèrent ses jambes jusqu'à terre Ses paumes devinrent corolles frileuses À la merci de tous les appels de tous les visages (Poème lu par l'auteur sur son site: Diseur) * ESSARTS 2 Suicide On n'entend rien Pas un bruit Pas un seul Pourtant si Ce cri sourd Sous le temps On entend rien Rien qu'un rien Rien que lui Au crin du néant Lâchant la bride De son cran Sans arrêt On n'ouie rien Rien du tout Tout du rien Que le vide D'un départ Impavide On ouie rien Moins que rien Lui aussi Sous le temps N'a rien vu Que le rien Qu'il était (Poème lu par l'auteur sur son site: Diseur) * Feu En plein après-midi Un dôme de fumée noire Il pleut de la cendre Sur nos têtes L'horizon est orangé Les lampadaires sont allumés Le soleil fulmine au zénith Le réel est irréel En plein jour Le ciel travesti Est en robe de soirée. * Lachrimae Lachrimae lachrimae Les heures Essaimées essaimées Se meurent Lachrimae lachrimae Les fleurs Effeuillées effeuillées Nous leurrent Les crimes et les crimes et La peur Ont juré ont juré Malheur Lachrimae lachrimae Et l'âme Quel crime quel crime Prend flamme Lachrimae lachrimae Baptême Cesse de brailler Et aime! * |