|
Jeux poétiques EXTRAITS La vérité entre chats et loups Bondit sur le sombre Allume les heures sur les visages Où bourdonne une âme comme un cri d'oiseau * Homme au visage pauvre Parmi les pensées désapprises Frappé d'étonnement Aigle aux ailes crochues Par le silence de l'ombre effrayé * Comme une eau bue dans les paumes Ou un jeu imaginé La vie sans artifices Rassemble tous les fronts Campe dans le réel Jusqu'à l'aube meurtrière * Enchaînement Quelque chose comme une souffrance Inconnue Réfractaire à la traduction Rencontre avec l'anonyme douleur * Inauthentique erreur de vivre Luxe de l'être Pour sentir un instant le poids d'exister * Connaître la joie de l'air Respirer l'oubli de soi Dans l'étrangeté du monde Sous un coup de lumière * Je nais chaque jour un peu plus Aveugle demain À ce que j'étais hier Devenant toujours autre Fille de moi, séparée de l'univers Je grandis en liberté dans la douleur * Intense noeud de vie À dénouer fil par fil Pour reconstruire patiemment Le monde * Brasser tous les symboles En un tout cohérent Planter des forêts Et des îles noueuses Sur la conscience en changement Ajouter au Savoir, la splendeur du Soi * Je ne dormirai pas demain Je dois battre mes ailes de feu Jour et nuit Je ne scellerai pas le livre De mon âme à mon oreille La distance est trop grande Et l'odeur du monde sans cesse Se pose sur ma hanche * Les yeux se ferment comme des ailes Aucune nouvelle du dehors Le coeur, galaxie compressée, palpite En vagues hérissées Le vide s'inscrit Sur la courbe voluptueuse De la dernière minute Celle qui joint le râlement de la bête À l'oeil éblouissant du rapide soleil * Nos visages dans nos mains Les choses terribles Les arches secrètes Les violettes agitées de l'âme Les vibrations de l'ombre Et la fine éternité Comme une plage sans fin... * INSTANTS - SONGES EXTRAITS Je m'agenouille, splendidement humaine
*Fille lisse de l'anthracite et du tourbillon Ma pensée ocre se craquelle Tant est tard le proche jamais vu Des nœuds luxent les images de l'ombre Et le sable scintille sur ma langue Où paissent les mirages Je dis les mots de l'ombre
*Les mots couverts Où les mystères se nichent J'habite la dernière planète L'ICI, où mes songes empilent Leurs pas feutrés
Mon rêve se brouille
*Le sommeil charpente ma course Greffe des météores muets Aux vapeurs de la chair Des tourelles dressent leurs têtes Hors des eaux originelles Et la nuit divague Dans l'étrangeté des musiques
*Jaillissent des étoiles nouvelles Des cônes de lumière Des mots volatilisés L'infime battement du silence
*
Les bruits de la terre
EXTRAITS L'ivre-temps Des pierres poussent là où rien ne croît dans l'ivre-temps Plus beau qu'"asphodèle" retige un mot un mot de terre un mot de lenteur aux fleurs violettes Dans la nuit où s'incruste l'ébène tout est caché La grande bête du jour dort jusqu'à demain Je bois la nuit par tous mes pores Les loups ont avalé toute la lumière Les loups crépus jusqu'à l'âme font pirouetter la chambre où un couple danse sous les draps |