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ENTRE L'OMBRE ET LA LUMIÈRE Éclats et lumière La nuit s'endort dans ses rêves amochés par les errances du jour au coeur des villes navrées parmi les salutations d'usage les départs les retards l'appétit à plein ventre à plein coeur à vendre un jour ou l'autre au centre d'une lumière éclatée * Lueurs de rêves Par une fenêtre les ombres de la nuit projettent sur nos sommeils des lueurs de rêve que l'aube s'approprie pour supporter le jour effrayé * Pourquoi C'était un rêve endormi un profil de nuit sous mes paupières devant le soleil exilé sur l'horizon C'était abandon dans le regard sage et immobile qu'une main ondulée est venue caresser C'était un matin arrosé par la vie c'était chaud de confiance fou comme l'amour cris d'abondance étalés sur le jour Ce n'était qu'un rêve dévoré à l'ombre d'un soleil infini en marche vers un soleil inespéré * Lointain lumineux Je suis le cri l'inévitable cri dans ce murmure lointain suspendu au soleil passager quand tout passe tout revient allègrement visité par une lune subtile Je suis le cri parmi les vibrations de la mémoire l'âme amante l'âme errante sur les doutes effondrée Je suis le cri d'une trace sur l'horizon un arpège lancinant un ciel tout chaud de nuit étalé sur la nudité de l'être Je suis le cri enchaîné aux poignets d'une lumière brève j'échange des ruptures sous le lustre de la confidence Je suis le cri d'un silence parfait MOTS ROUGE ESPOIR Au bout de tes doigts je remonte ma vie par l'échelle de tes accomplissements Au bout de tes doigts je vois tes mots gravés dans la pierre ces enfants de la parole que je croyais tus Au bout de tes doigts un faisceau lumineux ranime la braise de mes étonnements Au bout de tes doigts mes quotidiens mijotent dans le jus de tes passions andalouses Au bout de tes doigts je marche dans des pas neufs pour apprendre la suite du monde Au bout de tes doigts je poursuis tes mots jusqu'au carrefour de mon achèvement * Intimement la lune engrossée par un immense frisson projette dans le noir son oeil tout rond immersion totale dans nos incertitudes toujours accueille en son regard le vermeil de nos passions abandonnées au présent lune rouge quand le soir invite la nuit dans son lit phare des intempéries joyeusement devenu flamme de tous les instants * Il fait silence il fait mouvements dans ce corps modulé entre soleil et pluie rose peau d'âme peau du cri le cri à l'âme le cri s'alarme la peau se lie à l'âme du cri délit de l'âme défie le cri * STRATES AMOUREUSES Fuyance À l'aube le gris enserre toujours nos heures lointaines devant un soleil rouge et bohème reparti invoquer au coeur de la pierre d'autres matins gris laissons passer les nuits mouillées quand les soirs se tordent de rire ne restera qu'un poème un sourire oublié dans un cri * Mare rouge S'en est allée l'âme devenue muette sous les cendres d'un regard essentiel s'en est allée errer dans les eaux râleuses d'un amour mendiant s'en est allée jeter l'ancre dans la mare rouge d'une mort amoureuse infiniment gelée * LES VISAGES DU TEMPS Plage sage Dérive des eaux jusqu'aux lèvres abandonnées à l'ivresse des plages Dérive des mots vers les sables mouvants de la chair invisible Dérive du temps ses mouvements ondulés par le coeur accueillis Dérive des mains sur la lune offerte au vertige des mots * ESPACE PERDU Les folles voiles s'emportent aux légères brises de brume parfumée les décombres des flots engloutissent leur candeur enchevêtrées elles s'affolent crissant se rabattant sur l'horizon muet Accoudés aux quais les chalands explorent les eaux noires d'une terre démente en brise étreinte loin derrière l'écume * PAR LA PEAU DU CRI Du déhanchement de la mer déferle une étreinte sur la grève enroulée trempée à l'os la chair délinquante parle de douceur le fer vif sur l'éclair conserve l'objet du soir achevé perpétuellement remuée la voilure aux paupières s'empourpre et le phare savoure le velours de l'oeil chaud son teint de sel le jet noir la mer s'épuise * d'un temps absolu quelque part je dois mordre dans le vif du sang ramassant mes pas un à un poursuivie par l'appartenance du monde * LA MORT AMOUREUSE Poussière de rêve Cette chose qui meurtrit la nuit c'est peut-être ma parole dans toute sa barbarie que mes jours tricotent à l'infini c'est peut-être aussi un rêve déshabillé sur la peau d'un mot qui bouge entre ma tête et l'oreiller c'est peut-être même ce mot devenu paresseux qui rêve d'un silence dans la poussière du lit c'est peut-être enfin le silence qui me rêve dans l'oeil du matin * Reflet du rêve Ma nuit devient silence comme une pierre quand les aiguilles de l'horloge grelottent quand mes secondes vont s'évanouir dans les siècles qu'il me semble avoir rêvés mais il y a toujours une aïeule qui se promène en moi brûlant les feux rouges aux intersections de ma mémoire les millénaires m'épuisent me font penser à un jeu sidéral et si la terre brille encore c'est surtout à cause du reflet de la lune ou de quelques étoiles perdues dans le dessin d'une rêveuse isolée je ne me sens déjà plus là * ROUGE MÉMOIRE Pillage On a pillé le silence lors d'une fuite à travers le jour pour sauver les mots et le dernier rêve qui baigne dans les caresses noires le visage a raison la lumière aussi quand la mouvance en secret vient éblouir une nuit en colère * Hasard Le ciel chargé de blessures a suivi la trace de nos silences sans mesurer l'immensité de l'oeil qui le regardait sur le banc du quotidien les dés jouent au hasard et demain n'aura pas lieu * JUSQU'À L'EXTRÊME REGARD En vérité c'est de toi cette senteur du jardin jusqu'à l'extrême regard incendiaire à la poursuite des patiences et des pluies venues Encore toi ce pays sans avenue que l'on transporte en soi dans la terre fertile du désir Toujours toi à la cadence des jours blottis entre chaque phrase sans mesure comme une certitude du présent * |