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SOLEIL BLEU SOLEIL BLEU Livre de l'angoisse Ce vent qui t'emporte, A des yeux trop clairs, Vraiment, pour être l'expression du temps. Des oiseaux du toit sont tombés Et le vent s'est arrêté avec de l'étonnement. La pluie a traîné sa bouche Sur des sentiers de lièvres Tu ne t'es pas souciée de laisser tes pas Souiller la trace de ton enfance. * Le vent et toi Une main sur ta tête caresse tes cheveux Un corps sous tes mains vibre doucement. Dehors, il pleut. Un corps sur ton corps Et le vent au loin. Un cri te noie, un cri t'emporte. Ses cheveux sont d'or, Et son rythme, de plus en plus lent. Le vent passe sous la porte, Ton dos se déchire, Ton corps gémit, tu hurles, C'est fini. Le silence revient De lents baisers frissonnent Dehors le soleil rayonne. * SOLEIL NU ...et la vie descend Tout au fond de l'univers En changeant de formes Et de couleurs Selon la profondeur, Seulement la nuit Le temps laisse partir la vie Ou bon lui semble. Les fleurs mortes du passé Telles des fantômes Passent en pleurant Parmi nous Et nul ne les entend. * Dans les yeux d'Agathe Des milliers d'étoiles filantes Dans les yeux d'Agathe Tous les jours qui vont venir Avec chacun une grande joie terrible ou douce, Chaque jour quelque note nouvelle Pour jouer la vie avec souffle et soleil, Eau douce ou salée, Vague ou goutte d'amour léchée. * HÔTEL LUTETIA Encore un adieu Encore un adieu qui s'en va Encore un amour qui s'éloigne Vers des frontières éloignées Et puis un oiseau S'écrase sur la façade de l'immeuble en face. C'est mon coeur jaillissant de la cage Qui fait cette tâche irrégulière et rouge. * SOLEIL NOIR Crépuscules Soirées aux sourires éteints Des oiseaux glissant De lèvres en lèvres Passant de coeur en ciel Nuits éteintes aux lits pâles Qui prennent les dernières forces Les soleils de demain La fuite des idées Dans une aube plissée Enfermée par la voix Qui cogne et frappe La mémoire. * De la lumière aux doigts Descendre de la lumière aux doigts Le long du fleuve Le vent jouant avec l'eau L'eau jouant avec la terre. Des oiseaux sans bruits Volent à travers mon regard, Noirs corbeaux Le soleil prend la place du brouillard Qui s'échappe en légères vapeurs. * Couleurs La lune est blanche La mer est verte Les vagues s'écrasent Sur le sable D'une plage. La mer n'a plus de couleur Tes yeux sont tout mon horizon La mer a pris la couleur de tes yeux La lune aussi. La nuit Je ne vois que tes yeux Et la mer disparaît. Il n'y a plus que tes yeux Tes cheveux et un morceau De plage, sans couleurs. * SOLEIL D'ENCRE Elle Visage de corail Yeux de faïence Bleue Main de cristal Elle vole dans le soir Fleur dans le vent Sa voix danse avec les mots Elle invente mille paroles. Son nom ne parle Que de caresses Sa nuit est longue Jamais ses lèvres ne sourient Tristesse, elle * Oiseau-migrateur Aux ailes chargées d'espoir Fou et téméraire Oiseau de pluie de feu et d'angoisse Franchissant les millénaires D'un coup d'aile passant Traversant la couche de nos passés. De nos pensées. * Tu hurles La bouche de cette fille, Les mains douces de cette fille, Sur le corps, sur les hanches. Sur les mains Glisse le désir. La bouche de cette fille sur la bouche. Les lèvres sur les mains et la gorge, Sur la vie de ton corps. Tes cheveux sur ses épaules Le front sur son cou Et ta main dans le creux de son corps. Tu hurles Car tout ceci n'existe pas. Il n'y a qu'un verre vide sur un plancher sale. * Main Rien Pas de main sur ma main J'attends, Toujours rien Toujours pas de main Sur ma main, J'attends, Toujours ma main Belle, Et pas de main Sur ma main, Rien, Pas de main sur ma main, J'attends, Toujours rien, Toujours pas de main, Rien, J'attends * SOLEIL D'ENCRE DEUX Une vieille rengaine La mer comme le sang S'élève et s'abat Sur la plage blanche de mon désir. Ma main comme le vent S'élève et s'abat Sur le ruban de ma tristesse Qui tourne et s'enfuit Dans mon désir. * Au milieu Les lèvres tristes Et le corps fou Je veux trouver un endroit calme Où me cacher Pour cacher aussi ma tristesse Pour glisser en paix dans l'inconscience. * MUSÉE TIMBRÉ Nuage tremblant, douce main A la lisière de moi, je t'aperçois T'approchant doucement, De façon insensible, Tel un nuage tremblant Ta douce main frôle ma joue Un éclair secoue l'univers Je tombe foudroyé de douceur. * Souvent étonnés par notre ombre La nuit sans soleil projète parfois Notre ombre dense sur le sol Comme si c'était dans notre regard Que le soleil disparaissait Comme si la nuit n'était qu'en nous. Souvent étonnés par notre ombre Nous levons la tête vers le ciel Et au lieu de voir le soleil Nous ne voyons que nous-même. * NOUVEAU MUSÉE TIMBRÉ Parallèle aux nuages La voix dans le cerveau murmure doucement De tendres paroles d'apaisement Tandis que furieux, tu marches Dans la forêt des souvenirs amers. Parallèle aux nuages Ton sourire involontaire Au dessus de ta colère. * Encore et toujours Trois fois le mot fut dit Et le sol trembla Trois fois le mot retentit. La foule se mit à bouger. Des vagues ondulantes ébranlèrent Même les piliers de la sagesse. Encore et toujours, Le mot éternel fut hurlé Éternel "oui" du recommencement. * |