Le 22 août 98
Passe le temps

le jour est en son déclin
et sa douce fraîcheur
annonce pour bientôt
l'arrivée de l'automne
on a l'âme qui se froisse
comme une feuille morte
déjà tout autour il y des arbres
dont le feuillage encore vert
a commencé à jaunir
signe de leur agonie
bientôt les feuilles flamberont
et tomberont comme une pluie
dans un arc-en-ciel de couleur
c'est le temps qui passe
de façon irrémédiable
nous le ressentons en nous
sous forme de regrets
d'un vague à l'âme

nous sommes en deuil
de quelque chose
que nous ne pouvons définir
comme si nous changions de train
nous passons d'une saison à l'autre
avec un sorte de pincement au coeur
qui est sans nom
qui est sans visage
mais qui nous étreint
qui nous enserre
qui nous rend triste
cafard du temps qui s'en va
de l'été qui se fane
douceur d'une complainte
que nous fredonnons
c'est comme une langueur
comme un besoin de tendresse
comme une envie de pleurer

le temps s'enfuit
il nous laisse derrière lui
de plus en plus vieillis



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