Le 2 septembre 98


Partir

il faudra bien ma mie
partir un jour
vers ces lointaines contrées
où des plages lumineuses
bercent de leurs vagues
lentes et langoureuses
le temps qui passe
le temps qui vit des jours heureux
au bord de la mer
à la couleur sombre
à la couleur du crépuscule
que parfument les odeurs salines

voilà que vient la nuit
elle marche en solitaire
elle profite de l'apaisement
qu'apporte le doux zéphyr
pendant que la crête des vagues
s'émousse en une blanche écume
les étoiles dansent sur les flots
y tangue aussi le croissant de la lune
qui se déforme et qui se brise
pour réapparaître sur une autre lame
qui la transporte en déferlant sur le rivage
dans un bruissement léger et calme

la paix réside là-bas
allons la cueillir de nos mains
laissons-nous emporter
vers ces terres heureuses
qui chaque jour
voient le soleil se lever
sur les eaux émeraude ou bleues
laissons ici nos chagrins
partons sans attendre demain
partons sur les ailes du vent
vers ces pays de rêve
vers le bonheur et l'enchantement



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