le 16 avril 99
Nuits blanches

longues nuits blanches
où l'on broie du noir
interminables veilles
à la recherche du repos
du sommeil
on n'en peut plus
c'en est déjà trop
on reste éveillé
malgré la fatigue
on désire se réfugier en soi
s'y noyer
s'oublier corps et âme
dans l'oasis de l'enfance
roulis interminable
sous les yeux de l'angoisse
brutal tangage
où l'esprit déraisonne
embourbé
englué dans l'anxiété
tant d'orages qui nous bousculent
de bourrasques qui nous tourmentent
que de soucis
que d'inquiétudes
la vie paraît suspendue à un fil
qui nous semblera demain
futile
inutile
tempête dans un verre d'eau
mais dans l'instant du présent
tout semble se jouer
notre avenir
notre devenir
ce que l'on est
ce que l'on sera
que d'heures blêmes à s'agiter
dans l'attente de l'aube
pour voir les nuages se dissiper
que de temps perdu
que de souffrances superflues
que de nuits blanches
blafardes
à broyer du noir
par temps de cafard
le regard inquiet
le coeur hagard



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