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Le 27 août 98
Nuit blanche
il m'arrive souvent la nuit
de faire ce même rêve d'épouvante
j'avance avec prudence
dans une ville
située quelque part dans l'enfance
il me semble l'avoir déjà habitée
à une époque lointaine
je peux identifier certains paysages
je cherche ma voie
ne sachant où poser les pieds
je fais quelques pas
comme en terrain miné
mon coeur bat de terreur
il a peur de sauter
mais il continue sa marche
dans cette cité désolée
que l'on a si longtemps assiégée
bombardée et démolie
j'ai peine à m'y retrouver
je reconnais ici et là quelques maisons
ailleurs je vois des terrains vagues
qui n'évoquent aucun souvenir
je reconnais certains visages
mais tout cela est tellement flou
voilà que sans prévenir
l'anxiété se réveille
elle s'agrippe à moi avec désespoir
elle crie de sa voix orpheline
durant une longue nuit blanche
elle suffoque de douleur
elle craint d'être abandonnée
elle ne referme les yeux
qu'au levé de l'aurore
aux douces couleurs pastel
quand j'ouvre mes paupières
tout effrayé de ce cauchemar
il se dissipe tranquillement
dans la clarté rassurante du ciel
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