Le 11 août 98
Mes compagnes

je ne sais où donner de la tête
je reviens de mes escapades imaginaires
j'ignore ce qui distingue le faux du vrai
j'essaie de dénouer les fils entremêlés
d'une conscience qui se réfléchit elle-même
perdue comme une borne au milieu du désert

à quoi bon chercher l'explication des choses
quand on sait sur quelle fragilité elle repose
alors je m'en remets à ce que je ressens
sans interroger le sphinx bien pensant
il détient peut-être la vérité absolue
mais je préfère vivre dans l'inconnu

tout ce qui m'entoure est approximatif
les émotions seules contiennent la certitude
elles sont infrangibles et font partie de moi
elles me labourent de leurs griffes les entrailles
elles m'accompagnent depuis toujours
et vont respirer en moi jusqu'au dernier jour



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