7 mai 2000

    À Pierre
    trop vite parti
    cette prière
    cette élégie




difficile de voir la mort en face
de la fixer dans les yeux
surtout quand elle rôde si près
si près
dans notre ombre
si près
que l'on entend ses pas
derrière nous
si près
que l'on perçoit sa respiration
dans notre cou
si près
que l'angoisse nous étreint
et pourtant
et pourtant
toi Pierre
tu l'as vue venir de si loin
sans révolte
sans colère
tu l'as vite reconnue
cette soeur de la vie
tu lui as donné la main
avec sérénité
sans aucune crainte
avec elle tu as cheminé
tu l'as suivie vers cet ailleurs
vers cet envers du monde
qui nous fait parfois si peur
tu as marché à ses côtés
avec confiance
parce que le chemin que tu empruntais
s'illuminait d'espérance
tu voyais le soleil radieux
au bout de la clairière
tu nous as consolé de notre chagrin
tant l'appel de l'au-delà
te semblait doux
peu à peu tu as fermé les paupières
tu es parti sur la pointe des pieds
pour ne pas déranger
nous voilà affligés d'une lourde peine
endeuillés
nous fléchissons les genoux
et prostrés
nous murmurons cette ultime prière
adieu
vieux frère
adieu
cher Pierre


ainsi fut-il
ainsi soit-il




    Pierre est décédé en ce jour





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