Le 24 septembre 98


Mains tendues

les mains vieillies
de cette femme sans âge
contiennent une vie
où s'insèrent des malentendus
des tromperies insidieuses
jointures gercées
paumes cornées
qui se tendent comme une prière
au détour d'un couloir de métro
la misère s'est assise là
elle crie dans le noir
avec l'humiliation de quémander
à des passants trop pressés
qui fuient en baissant les yeux
et en se cachant d'un air gêné
moi aussi j'ai fait comme eux
je me suis hâté et j'ai détourné la tête
plus loin je me suis senti allégé
plus tard je me suis senti coupable
je revois ces deux mains vides
qui s'offraient dans une souffrance
que je n'ai rien fait pour soulager


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