15 mars 98
Libre comme l'air
je voudrais être le vent
me dissoudre dans l'air
m'alléger au fil du temps
vivre dans l'insouciance
gambader avec le sourire de l'enfance
boire le reflet nocturne des étoiles
qui dansent sur les flots enjoués
polir l'agate à l'oeil de chat
m'insinuer dans les grottes de corail
qui cachent dans leur crâne pensif
des souvenirs aux mille couleurs
retrouver le rire joyeux du soleil
qui berce les champs de blé
qui colore d'un mauve vaporeux
les plantations de lavande
et d'un or ensoleillé les tournesols
je voudrais être ruisseau
me noyer dans la mer
perdre mon eau dans son eau
ne plus remonter le courant
m'anéantir toujours d'avantage
me libérer de ces traces douloureuses
des blessures d'ailleurs et d'autrefois
me perdre aux confins du monde
tout au bout de l'horizon qui se courbe
à cette limite où la mer effleure le ciel
à cette extrémité où toutes les couleurs
superposent leurs teintes dans l'arc-en-ciel
je voudrais toucher du bout des doigts
le bonheur d'être heureux
celui de me fondre dans tes yeux
et de m'y loger à tout jamais