Le 29 septembre 98


Libération

viens dans mes bras
toi l'enfant abandonné
que de ton angoisse
j'arrache les griffes acérées
que j'étanche tes pleurs
que dans les miennes
j'emprisonne tes mains apeurées
que je les dégage de leurs fers
qu'elles détendent leurs poings crispés

viens tout près de moi
que je t'apprenne le sourire
celui céleste des anges
qui reflète le bonheur
que je te délie de tes peurs
noirs corbeaux qui s'envoleront
quand j'ouvrirai leur cage
pour qu'avec eux à tout jamais
s'évadent tes rancoeurs et ta rage

viens à mes côtés que je plonge
au fond de tes yeux bleus
que je pénètre jusqu'en ton âme
pour y déloger les esprits malins
qui cachent ton regard de leurs mains
ils te hantent sans relâche
dans les ombres funèbres
viens et relève tes paupières closes
viens que je te montre la clarté du jour

viens ici toi mon double et ma blessure
que je soigne tes plaies profondes
pour que tu grandisses au soleil
pour que comme une fleur
tu déploies tes pétales colorés
et parfumes l'air de ton arôme
viens que je te porte
viens que je te libère enfin
en poussant devant toi la porte...



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