Le 6 septembre 98


Le voyage

embarquons-nous
pendant qu'il fait encore jour
et que nous retenons le temps
au creux de nos mains
fuyons la nuit
et sa fausse lune qui nous sourit
partons incognito
le visage masqué
sur notre vaisseau fantôme
voguons vers ces autres cieux
sans tourner la tête
rejoignons ces contrées
sans regarder en arrière
là où le soleil ne se couche jamais
pour que brille sans relâche
l'arc-en-ciel rempli de promesses
allons à la source du plaisir
sans remords
laissons dernière nous le passé
la saison qui arrive à quai
avec les bras chargés de feuilles mortes
fuyons le deuil de ces jours fanés
buvons l'ambroisie
pour que nous devenions immortels
le temps d'un voyage au-delà de l'horizon
où nos yeux ébahis
reviendront chargés de rêves
que nous ramènerons dans notre coque
nous aurons toute une cargaison de souvenirs
que nous pourrons feuilleter pendant l'hiver
au retour de ce voyage éphémère
où attachés l'un à l'autre
nous aurons vécu l'éternité d'un l'instant



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