Le 2 octobre 98


Le visiteur du Nord

quelqu'un vient
sous ses pas se lamentent les feuilles
plus il s'approche
plus son odeur tourbillonne dans l'air
on sent la fraîcheur
de celui qui est descendu du Nord
il respire
d'une voix déjà froide et rauque
son pas le trahit
parce que des vents l'accompagnent
il souffle
et fait frémir les arbres défeuillés
il refroidit
les nuits qui se mettent à grelotter
il avance
par de grandes et rapides enjambées
rien ne l'arrêtera
pas même le fusil des chasseurs
il ne craint rien
sans hésitation il continue son chemin
il arrive
l'automne enveloppé dans ses gerbes de feu
il est venu
en psalmodiant une marche funèbre
il est là
avec sa bouche blanche de givre


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