26 juillet 98



Le vent

le vent descend de la montagne
transportant la fraîcheur des sous-bois
il semble pressé
il dévale les pentes à toute vitesse
il passe sans s'arrêter
avec des odeurs de sapin
qui s'accrochent à ses basques
les nuages dans le ciel
forment une flotte de bateaux
qui voguent à vive allure
vers on ne sait quel port
nos yeux rêveurs les accompagnent
dans leur traversée
qui semble les conduire
au bout du monde
où ils iront mouiller l'ancre
s'ils ont bon vent
dans des ports mystérieux
exotiques

pensifs
nous les regardons passer
eux qui se hâtent dans leur équipée
nous les suivons des yeux
ils disparaissent au loin
pendant que se dessine
sur un fond de ciel bleu
le profil d'un bûcheron qui fume sa pipe
mais très vite ses traits se tordent
s'effilochent
se rabougrissent
le visage grimace difforme
le voilà qu'il se transforme en mouton
le vent s'agite
tire les ficelles
joue avec ses marionnettes
pendant que nous profitons
du vent
du temps qui passe




*
(Retour à l'accueil)