Le vent
le vent descend de la montagne transportant la fraîcheur des sous-bois il semble pressé il dévale les pentes à toute vitesse il passe sans s'arrêter avec des odeurs de sapin qui s'accrochent à ses basques les nuages dans le ciel forment une flotte de bateaux qui voguent à vive allure vers on ne sait quel port nos yeux rêveurs les accompagnent dans leur traversée qui semble les conduire au bout du monde où ils iront mouiller l'ancre s'ils ont bon vent dans des ports mystérieux exotiques pensifs nous les regardons passer eux qui se hâtent dans leur équipée nous les suivons des yeux ils disparaissent au loin pendant que se dessine sur un fond de ciel bleu le profil d'un bûcheron qui fume sa pipe mais très vite ses traits se tordent s'effilochent se rabougrissent le visage grimace difforme le voilà qu'il se transforme en mouton le vent s'agite tire les ficelles joue avec ses marionnettes pendant que nous profitons du vent du temps qui passe |