Le 27 octobre 98


Le vagabond


il ne sait où aller
il erre dans la ville
il va au hasard
et traverse en silence
la foule bruyante
qui fourmille d'inconnus
elle est omniprésente
elle se presse tout autour
aussi bien ici que là
partout
des gens le bousculent
des visages fermés
des yeux sans vie

il marche droit devant lui
emmuré dans un labyrinthe
pris dans une souricière
personne ne lui parle
il a le regard au-dedans
perdu dans ses pensées
il est déguenillé
mais il passe inaperçu
il ne voit rien
il n'entend rien
sa solitude le suit
chien bâtard et famélique
comme son ombre

il file son rêve
le tisse de couleur
dans sa tête il est en fleur
des oiseaux y chantent
comme au printemps
son imagination vagabonde
il divague hors du monde
chaland sans port d'attache
il vogue au gré des vents
il va où bon lui semble
et se retrouve nulle part
prisonnier de la ville
sitôt arrivé il repart

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