il erre dans la ville il va au hasard et traverse en silence la foule bruyante qui fourmille d'inconnus elle est omniprésente elle se presse tout autour aussi bien ici que là partout des gens le bousculent des visages fermés des yeux sans vie il marche droit devant lui emmuré dans un labyrinthe pris dans une souricière personne ne lui parle il a le regard au-dedans perdu dans ses pensées il est déguenillé mais il passe inaperçu il ne voit rien il n'entend rien sa solitude le suit chien bâtard et famélique comme son ombre il file son rêve le tisse de couleur dans sa tête il est en fleur des oiseaux y chantent comme au printemps son imagination vagabonde il divague hors du monde chaland sans port d'attache il vogue au gré des vents il va où bon lui semble et se retrouve nulle part prisonnier de la ville sitôt arrivé il repart |