Le 16 octobre 98


L'été se fane


la brise balaie sur son passage
les jeunes souvenirs
elle trouble la mémoire
en lui fermant les yeux
de ses mains froides
l'âme se colore de l'automne
des couleurs sombres du deuil
et le crêpe noir voile les statues
dans les cathédrales oubliées

le glas retentit dans la nuit
de son tintement lugubre
pour échapper à l'affliction
il faut revenir en arrière
y retrouver les jardins fleuris
qui illuminaient les journées
comme les étoiles la nuit
ils sont encore là dans le regard
qui parfume de leur clarté la rétine

on y cherche refuge
on tente d'emprisonner le temps
dans la cage de nos doigts entrelacés
mais comme un oiseau-lyre
il nous méduse par sa beauté
imprenable il s'échappe
de son chant il nous enivre
pendant que les jours écourtés
s'en vont happés par le vent


*
(Retour à l'accueil)