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Le 11 mars 99
Les mains silencieuses
tes mains vides
ridées et fatiguées
silencieuses et nues
se sont assoupies sur tes genoux
elles ont tout donné
n'ont plus rien à offrir
ni perles ni bijoux
que ces larmes qui coulent
glissent
sur tes joues
ta bouche n'a plus rien à dire
qu'elle n'a déjà dit
elle demeure muette
et quand elle parle
elle se répète
elle redit les vieux souvenirs
ceux qui surnagent
qui refusent de mourir
ils sont là
à fleur de mémoire
à l'ombre
presque dans le noir
parfois une fenêtre s'entrouvre
un rayon de soleil s'y glisse
et sur tes lèvres
un sourire s'esquisse
est-ce que tu penses
à un événement heureux
ou est-ce que tu ris aux anges
en fermant les yeux
ta vie si longue se raccourcit
les jours passés qui t'habitent
l'un après l'autre te quittent
la nuit peu à peu t'emporte
vers des lieux inconnus
tu ne sais où
et derrière toi
tout doucement
tu fermes ta porte
et sur tes genoux
tes mains vides et nues
dans le soir
se sont tues
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