Le 9 août 98
Les favelas

les favelas encerclent la ville
l'emprisonnent de leurs haillons
les enfants vont nus pieds
courant dans une boue putride
ils jouent avec des armes à la main
aux soldats ou aux vilains
l'espoir est épinglé au mur
comme un monarque aux belles parures

les adultes vivent sans rien faire
comme des cloportes dans leurs abris
de carton et de taules ondulées
ils dépérissent dans un cul de sac
sans travail et sans possibilité d'en avoir
ils sont inutiles comme des amputés
sont traités comme des parias de la cité
ils mendient honteusement les yeux fermés

ils vivent et ils meurent sans dignité
souvent certains s'enivrent pour s'évader
le passeport de l'alcool et de la cocaïne
leur permet d'avoir un strapontin au paradis
sous le dédain des gens de la ville
ils vivent de rien et n'ont rien à vivre
ils s'entassent près des tas d'immondices
et attendent que cette vie inhumaine finisse



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