Le 5 octobre 98


Le Saint-Laurent

le fleuve s'étire
la mémoire remplie
de rivières et de ruisseaux
un soleil tiède d'automne
couvre sa peau
de paillettes d'argent
qui brillent et miroitent
sous le souffle du vent

il fonce droit devant lui
emportant notre été
et c'est avec nostalgie
que nous le regardons filer
il file nos joies et nos peines
mailles lâches ou serrées
il égraine les secondes
et tisse le temps passé

bientôt son dos sera de glace
quand sur nos arbres l'hiver
viendra comme l'harfang se percher
à notre insu il continuera de couler
sous la neige et le givre
emportant nos jeunes années
il passe son chemin et ne peut revenir
à chaque instant il s'en va pour toujours



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