| Le Saint-Laurent le fleuve s'étire la mémoire remplie de rivières et de ruisseaux un soleil tiède d'automne couvre sa peau de paillettes d'argent qui brillent et miroitent sous le souffle du vent il fonce droit devant lui emportant notre été et c'est avec nostalgie que nous le regardons filer il file nos joies et nos peines mailles lâches ou serrées il égraine les secondes et tisse le temps passé bientôt son dos sera de glace quand sur nos arbres l'hiver viendra comme l'harfang se percher à notre insu il continuera de couler sous la neige et le givre emportant nos jeunes années il passe son chemin et ne peut revenir à chaque instant il s'en va pour toujours |