au creux de son être dans des zones sombres invisibles aux regards là où l'on n'est que soi espace inhabité lieu secret inaccessible à l'oeil étranger on s'y retire quand le temps est orageux quand l'angoisse se pointe qu'il serre son étau qu'il menace de nous étouffer on y rejoint son enfance on a son âge on possède le même regard on n'y trouve aucun réconfort on se tait apeuré on devient sourd le silence nous envahit menaçant lui aussi on appelle au secours on ne parvient pas à crier on ne sait où se réfugier on cherche des bras pour y accrocher son effroi on n'y voit que l'ombre d'un arbre qui élance vers le ciel ses branches mortes il a été jadis foudroyé on en porte la peine sans jamais s'en consoler |