Le 22 septembre 98


Le coeur à l'envers

pleure pleurez
la mort de l'été
pleure pleurons
la morte saison

on a le coeur à l'envers
désespéré
sa pointe fixe le ciel
comme une boussole
qui pointe vers le nord
on pose l'oreille sur le sol
pour entendre battre la mer
là-bas au loin
à l'extrémité de l'horizon
lointaines pulsations
pendant que dans la forêt
les vents font gémir les arbres
et les dépouillent sans pitié
de leurs dernières feuilles
vestiges de l'été
on reste là désemparé

pleure pleurez
la mort de l'été
pleure pleurons
la morte saison

on se renferme sur soi
le front plissé
on range les souvenirs ensoleillés
on entend encore en nous
le chant du gai rossignol
le temps nous échappe
doucement il s'envole
et nous marque de son sceau
il grave ici et là
quelques rides que l'on oublie
on a le coeur frileux
déjà les nuits sont fraîches
on se met à penser à l'hiver
en contemplant l'automne
qui repeint de mélancolie
les paysages hier si jolis

pleure pleurez
la mort de l'été
pleure pleurons
la morte saison



*
(Retour à l'accueil)