| Le coeur à l'envers pleure pleurez la mort de l'été pleure pleurons la morte saison on a le coeur à l'envers désespéré sa pointe fixe le ciel comme une boussole qui pointe vers le nord on pose l'oreille sur le sol pour entendre battre la mer là-bas au loin à l'extrémité de l'horizon lointaines pulsations pendant que dans la forêt les vents font gémir les arbres et les dépouillent sans pitié de leurs dernières feuilles vestiges de l'été on reste là désemparé pleure pleurez la mort de l'été pleure pleurons la morte saison on se renferme sur soi le front plissé on range les souvenirs ensoleillés on entend encore en nous le chant du gai rossignol le temps nous échappe doucement il s'envole et nous marque de son sceau il grave ici et là quelques rides que l'on oublie on a le coeur frileux déjà les nuits sont fraîches on se met à penser à l'hiver en contemplant l'automne qui repeint de mélancolie les paysages hier si jolis pleure pleurez la mort de l'été pleure pleurons la morte saison |