| Le charognard certains ne vivent plus ils sont vécus vaincus et terrifiés l'oiseau de son cri donne l'alarme en cachant de ses ailes un soleil moribond on ouvre un oeil pour se rassurer pour vérifier voir si l'on est bien éveillé pas d'imposture le charognard est agrippé là sur sa branche solitaire il attend sa proie les yeux bien ouverts on sort des bras du sommeil on se redresse fièrement on jette autour de nous un regard froid et indépendant la peur sera pour les autres ceux qui craignent la mort qui ne l'ont jamais vue de face ni fixée dans les yeux pourtant ils l'ont côtoyée de près tout au long de leur vie elle se cachait déjà petite dans leur berceau et derrière eux grandissait les surveillait les provoquait de ses doigts crochus on a parfois craqué cédé à la tentation la chose aurait été trop facile puis on a fait le mort pour qu'elle passe son chemin elle a bien vu la manoeuvre elle l'a parée on la sent à nos côtés cherchant de ses yeux exorbités la moindre faiblesse le moindre signe mais on tient nos poings fermés pour ne rien lui signifier pour qu'elle garde seule l'infamie de nous fermer les yeux sans qu'on lui fasse d'adieux |