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Le cerbère
comme une sentinelle intraitable tu surveilles le passé tu défends l'entrée qui conduit dans les arcanes de l'oubli où dorment les phalènes dorés qui s'éveillent à l'orée de la nuit dans la lumière crépusculaire tu protèges les arrières tu fermes les yeux de la mémoire tu interdis de se souvenir de ce qui a trop fait souffrir aucun bruit dans ce silence que des chuchotements chien à trois têtes aux aguets et en surveillance rien ne t'échappe au moindre mouvement tu hurles et tu jappes cerbère de l'inconscient tu verrouilles les portes interdites celles qui s'entrouvrent dans le noir qui transforment les rêves en véritables cauchemars qui métamorphosent les papillons en vampires sanguinaires jamais tu ne fermes les yeux de peur que l'on trompe ta vigilance tu restes enfermé au-dedans sans connaître la beauté des cieux tu es le visage de ce que l'on cache quand on ferme les paupières tu gardes férocement le secret de ce que l'on veut oublier de ce qui échappe à la conscience des fleurs dont elle a été flouée |