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La vie comme l'arbre
les arbres gémissent du cri de nos peines ils dressent dans l'hiver leurs corps nus nous qui cachons nos blessures sous des airs indifférents que de saisons mortes nous avons oubliées que de printemps amoureux parsèment nos mémoires aux racines profondes que de morsures subies par grand froid par grand vent souvent l'on était seul avec notre souffrance enracinée si profondément si loin dans l'enfance avec nous elle a grandi avant de prendre goût à la vie les étés sont venus ont réchauffé nos membres gelés les brises douces et légères ont fait fleurir les branches qui se sont déployées en feuillées denses et fraîches qui ont ombragé notre front notre bouche assoiffée de vin s'est enivrée pour chanter face à la lune le regard perdu dans les étoiles la joie de notre coeur comblé ballade du temps d'autrefois celle du temps perdu hymne à la joie celle du temps d'aujourd'hui tel que maintenant tel qu'à chaque instant nous le vivons avant de l'avoir vécu |