15 décembre 98


La vie comme l'arbre

les arbres gémissent
du cri de nos peines
ils dressent dans l'hiver
leurs corps nus
nous qui cachons nos blessures
sous des airs indifférents
que de saisons mortes
nous avons oubliées
que de printemps amoureux
parsèment nos mémoires
aux racines profondes
que de morsures
subies par grand froid
par grand vent
souvent l'on était seul
avec notre souffrance
enracinée si profondément
si loin dans l'enfance
avec nous elle a grandi
avant de prendre goût à la vie

les étés sont venus
ont réchauffé nos membres gelés
les brises douces et légères
ont fait fleurir les branches
qui se sont déployées
en feuillées denses et fraîches
qui ont ombragé notre front
notre bouche assoiffée
de vin s'est enivrée
pour chanter face à la lune
le regard perdu dans les étoiles
la joie de notre coeur comblé
ballade du temps d'autrefois
celle du temps perdu
hymne à la joie
celle du temps d'aujourd'hui
tel que maintenant
tel qu'à chaque instant
nous le vivons
avant de l'avoir vécu