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Le 7 août 98
La terre nourricière
cet été souriant
qui s'offre en gerbes de fleurs
qui met en meule le blé
chante tout près du coeur
la mélodie de la terre
la terre généreuse
aux entrailles éventrées
qui donne une riche moisson
pour assurer de ses bienfaits
la subsistance de l'humanité
l'humanité qui croît trop vite
pour que tous soient rassasiés
pour nourrir ceux qui ont faim
et qui regardent les autres manger
les bien nantis et les privilégiés
les privilégiés qui se protègent
pour sauvegarder leurs privilèges
ils jettent ou brûlent leurs surplus
pour que le marché ne s'écroule plus
ils sont prêts à faire la guerre
la guerre qui tue femmes et enfants
là où les champs sont stériles
où la révolte menace et gronde
parmi les pauvres de ce monde
le tiers où tant de gens sont affamés
les affamés se taisent
ils n'ont pas la force de parler
on sait qu'ils sont pauvres et dénudés
avec leur visage couvert de mouches
bien sûr qu'ils nous touchent
ils nous touchent mais que faire
quand grondent les canons
qui empêchent les paysans
de labourer et d'ensemencer leur terre
l'on dit ne pouvoir agir et l'on se tait
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