19 janvier 98
Vers le large
par crainte de rester échoué
dans les vieux rituels sacrés
on a rompu les amarres
on a quitté le passé
on est parti au gré des vents
comme des nomades de la mer
on se dirige droit devant soi
on a tourné le dos à hier
sans regret on s'en va
vers l'instant en devenir
la goélette s'éloigne du port
pendant que meuglent des sirènes
qui déchirent le silence
dans un ciel crépusculaire
les mouettes tournoient
dans un ballet étourdissant
la joie du départ
tressaille au fond du coeur
l'âme se replie pour méditer
se renferme dans la contemplation
on gagne le large
on hisse la misaine
et la grande voilure
face à l'immensité du désert
qui ondule à perte de vue
on se laisse entraîner par l'aventure
on file à la conquête du monde
on a mis du pèlerin la vêture
on vogue un peu angoissé
vers l'inconnu
à la recherche de soi-même
de ce que l'on est
de ce que l'on est devenu
*
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