3 juillet 98


La peur

on se tient debout
immobile
tremblant de frayeur
face au danger
figé de peur
on ne bouge pas
fixité
le coeur est dans sa cage
bien à l'abri
avec inquiétude il bat
tout bas
sans faire de bruit
on respire avec prudence
sait-on jamais
quelqu'un pourrait venir
aux intentions menaçantes
quelqu'un
n'importe qui
le temps se glisse dans le noir
il craint d'être vu
mais son cliquetis le trahit
il coule et s'enfuit
avec son tic-tac chargé d'angoisse
on ferme les yeux
croyant ne pas être vu
on a peur
il fait grand froid
qui est là
on ne sait pas
et retenant son souffle
on s'évanouit
à petit pas
dans la nuit




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