Le 12 octobre 98


La mort de l'été


peu à peu à l'approche de la froidure
des arbres dans leur splendeur
font miroiter leur feuillage
de reflets d'or
pendant que les érables en feu
se parent de leurs feuilles
couleur de braise
qui avant de mourir
se crispent sous les flammes

feuilles
feuilles mortes
elles tombent
elles sont tombées
semant derrière elles
la désolation
puis poussées par le vent
elles s'envolent
elles se sont envolées
à tire d'aile
comme les derniers oiseaux de la saison

partout des branches nues
tendent vers le ciel
leurs bras orphelins
seuls restent intacts les conifères
prêts à affronter le froid
la neige et l'hiver

on sent s'écouler le temps
qui devant lui chasse sans pitié
et les fleurs et leurs parfums et l'été
il nous frôle en passant
il laisse sur la peau quelques rides
et au fond de l'âme
un air de blues
un voile de spleen

*
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