13 juillet 98



La marche du temps

on a les pieds lourds
nos pas résonnent sur le sol
nos épaules à l'horizon
se courbent
on se met en apesanteur
on s'enfonce dans le rêve
à la recherche de l'éternité
la voie se fait lactée
le sentier étroit
on chemine lentement
pour éviter le réveil
on se met la tête sous l'oreiller
on retient nos songes
on reste songeur
là-bas déjà
on arrive au bout de la nuit
les bruits du jour retentissent
assourdissants
pendant quelques instants
avec force
on retient le temps
en vain
il continue sa marche
intemporelle
il nous tient
il nous tient par la main






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